Un regroupement de promoteurs immobiliers s’impatientent devant la lenteur de la reprise des activités à Montréal

André Dubuc André Dubuc
La Presse

« Le centre-ville, c’est Beyrouth. C’est une zone de guerre et personne n’a envie d’aller là. »

Ces propos sont ceux de Serge Goulet, président de Devimco, l’un des plus importants promoteurs immobiliers de la grande région de Montréal.

Si ses projets de Brossard et ceux de Montréal en périphérie du centre-ville ont retrouvé leur popularité d’avant la COVID-19, il en va tout autrement de ses projets situés au centre-ville.

Il lui reste environ 300 unités à vendre aux tours jumelles Maestria du Quartier des spectacles. À Griffintown, c’est pire. Devimco a 1000 unités locatives qui ne trouvent pas preneur, certaines dans des tours en construction, d’autres dans des tours à construire.

Bref, le centre-ville est mort et M. Goulet souhaite que ça change.

Il a cosigné une lettre ouverte mardi dans La Presse avec 13 autres signataires du milieu immobilier, dont Cadillac Fairview, Proment, Broccolini, Jesta, Westcliff, Cogir et Groupe Mach. Tous des poids lourds qui s’activent au centre-ville.

Dans leur lettre, les 14 demandent la création d’une table de concertation avec la Ville de façon à accélérer la réalisation de projets au centre-ville et ainsi contribuer au retour de l’activité dans le Quartier des affaires. Ils critiquent la lourdeur bureaucratique dans le processus menant à l’autorisation des projets.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Serge Goulet, président de Devimco, l’un des plus importants promoteurs immobiliers de la grande région de Montréal

La Ville n’a pas répondu directement à leur demande, mais semble vouloir garder ouverts les canaux de communication.

« Nous sommes donc tout à fait disposés à améliorer les processus entre la Ville de Montréal et les promoteurs immobiliers afin d’assurer des projets de qualité, dans des échéanciers qui conviennent aux deux parties, a écrit dans un courriel Laurence Houde-Roy, attachée de presse du comité exécutif. Travaillons ensemble pour mettre en place des processus qui sauront satisfaire tous les partenaires, citoyens et citoyennes inclus. »

La situation exceptionnelle appelle des solutions exceptionnelles, a martelé M. Goulet, dans un entretien.

« Le marché privé de l’immobilier est aux portes de la ville avec des milliards de projets qui pourraient être lancés et qui pourraient donner un coup de fouet supplémentaire à l’économie. C’est ça qu’on demande : permettez-nous de mettre l’épaule à la roue. Quand les gouvernements fédéral et provincial injecteront des milliards, si ces projets se ramassent dans un goulot d’étranglement à la Ville, il va se passer quoi avec ça ? »

M. Goulet reconnaît les efforts de la Ville jusqu’ici, notamment le délai du paiement des taxes et le quasi-gel des taxes municipales l’an prochain. Mais ça reste insuffisant, selon lui. « Les gouvernements supérieurs ont pris des mesures d’urgence, la Ville, elle aussi, devrait prendre des mesures d’urgence pour permettre que l’analyse des grands projets se fasse de façon responsable, mais accélérée également. »

M. Goulet entend à nouveau proposer des pistes de solution le 9 décembre dans le cadre d’un forum stratégique organisé par le mouvement Relançons MTL, piloté par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Relisez la lettre « Un réel partenariat pour la relance de Montréal ».