La pandémie fera reculer l’économie de Montréal de 5,5 % en 2020, ce qui représente une perte de 8,2 milliards en emplois disparus, en contrats perdus, en projets annulés et en fermetures d’entreprises.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Chiffres à l’appui, le président et chef de la direction de Desjardins, Guy Cormier, a souligné lundi la gravité de la crise qui frappe Montréal et son centre-ville. Le recul de l’économie de Montréal en 2020 sera plus important encore que celui de l’ensemble du Québec, a-t-il dit, alors qu’il était l’invité de la Fédration des chambres de commerce du Québec dans le cadre de la tournée En mouvement pour la relance économique.

Au total, Montréal aura perdu 139 000 emplois depuis le mois de mars, et même si certains de ces emplois sont revenus, « on est encore loin du compte », a-t-il dit. « Il y a encore 75 000 sans-emploi à Montréal, ce qui est l’équivalent de la population de Drummondville ou de Saint-Jérôme », a illustré le grand patron de Desjardins.

Desjardins vit la crise comme institution financière, comme employeur et aussi comme propriétaire immobilier, selon Guy Cormier. « Ça me brise le cœur de voir le Complexe Desjardins désert », a-t-il confié.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Guy Cormier, président et chef de la direction de Desjardins.

Certains employeurs ont ramené leurs employés au bureau, mais 75 % des espaces de travail au centre-ville sont toujours vides. Desjardins a même décidé de garder ses employés en télétravail jusqu’au 2 avril, a indiqué M. Cormier.

Malgré l’importance du choc qu’encaisse le centre-ville, le grand patron de Desjardins ne doute pas une seconde de sa résurrection prochaine. « On va toujours avoir besoin d’un endroit où il y a une concentration de talents, une concentration de capital et une concentration d’infrastructures », a-t-il dit.

La relance de l’économie de Montréal devrait être plus rapide que la moyenne québécoise, avance l’économiste senior de Desjardins, Chantal Routhier, dans ses prévisions pour 2021.

Parmi les régions urbaines du Québec, c’est Laval, qui mènera le train de la reprise au Québec, avec une croissance de 7,3 %, prévoit Desjardins. Montréal suivra, avec une croissance de 6,8 %.

La région des Laurentides a été plus affectée que la moyenne québécoise par la pandémie, et elle mettra plus de temps à s’en remettre en 2021, prévoit l’économiste de Desjardins. C’est la région urbaine qui enregistrera le rebond le plus faible, à 5 %, parce que l’aérospatiale, qui est une de ses industries motrices, mettra du temps à se relever.

Selon l’économiste de Desjardins, la relance sera plus rapide dans les zones urbaines que dans les régions. « Le marché du travail reprendra de la vigueur plus rapidement qu’au Québec et le marché résidentiel devrait aussi mieux performer ».