(Calgary) Le programme albertain de quotas sur la production pétrolière prendra fin en décembre, près de deux ans après sa mise en place par le gouvernement néo-démocrate pour soutenir les prix du brut, prendra fin en décembre, a annoncé vendredi le gouvernement du Parti conservateur uni.

Dan Healing
La Presse Canadienne

Les plafonds de production ne sont plus nécessaires parce que 16 % de la production de pétrole brut de la province est hors ligne, une proportion en baisse par rapport à 22 % au début de la pandémie de COVID-19, a expliqué le gouvernement dans un communiqué de presse.

« Maintenir la stabilité et la prévisibilité du secteur des ressources naturelles de l’Alberta est vital à la confiance des investisseurs alors que nous naviguons dans les conditions économiques apportées par la pandémie, la crise des prix des ressources et le besoin de pipelines », a expliqué la ministre de l’Énergie, Sonya Savage.

« Cette approche intentionnelle sert de police d’assurance, et elle permettra à l’Alberta de réagir rapidement s’il y a un risque d’atteindre la capacité maximale de stockage, tout en permettant à l’industrie de produire comme le libre marché le voudrait. »

La province a cité les données de Genscape en notant qu’environ 20 millions de barils étaient stockés en date du 16 octobre, comparativement à près de 40 millions lorsque le programme de quotas a été mis en place.

Les niveaux élevés des stocks sont imputés à l’incapacité du réseau pipelinier à égaler les niveaux croissants de production pétrolière de la province, principalement à partir de projets nouveaux et élargis de sables bitumineux.

Le programme est controversé depuis ses débuts. Certains producteurs, comme Cenovus Energy, l’appuyaient fortement, tandis que les producteurs qui exploitent aussi des activités de raffinage, comme la Pétrolière Impériale, y étaient grandement opposés.

Dans un rapport, l’analyste Greg Pardy, de la Banque Royale, a estimé que la fin du programme était bénéfique pour les producteurs tels que Cenovus, Suncor Énergie, Canadian Natural Resources et d’autres qui ont été contraints de freiner la production dans leurs installations.

Suncor, par exemple, n’a pas été en mesure de maintenir la pleine production de sa mine de sables bitumineux de Fort Hills après avoir augmenté sa capacité à 194 000 barils par jour en 2018 et, plus tôt cette année, a fermé l’un de ses deux trains d’extraction en raison de la faiblesse des prix du pétrole.

Un rebond de la production pourrait entraîner un élargissement du rabais sur le prix du brut de l’Ouest canadien par rapport aux cours de référence américains, a prévenu M. Pardy, soulignant que la baisse de la production des sables bitumineux jusqu’à présent cette année avait réduit le rabais sur le pétrole bitumineux Western Canadian Select.

Le plafond de production a été graduellement levé, passant de 3,56 millions de barils par jour en janvier 2019 à 3,81 millions de barils par jour à la fin de l’année, un niveau qui aura été maintenu pendant les 11 premiers mois de 2020.

Selon la province, la production a en fait été de 3,1 millions de barils par jour en août et elle ne devrait pas excéder la capacité d’exportation avant la mi-2021.

Le programme a toujours été considéré comme une solution à court terme, pour pallier les retards dans les projets de pipelines qui augmenteront la capacité d’exportation de la province, a rappelé le gouvernement.

M. Pardy a estimé que l’achèvement des pipelines d’exportation tant attendus, notamment Keystone XL, l’expansion de Trans Mountain et la canalisation 3 d’Enbridge « devrait améliorer la capacité permanente de la province à équilibrer la production et la capacité de livraison, contribuant ainsi à garantir que les ressources de l’Alberta sont exportées à leur pleine valeur ».