(Washington) Une aide supplémentaire du gouvernement aux ménages et entreprises doit être suffisamment conséquente, et arriver à temps, pour ne pas entraver la reprise économique, avaient estimé les dirigeants de la Banque centrale américaine (Fed) lors de leur réunion de septembre, dont les minutes ont été publiées mercredi.

Agence France-Presse

« Si le futur soutien budgétaire était significativement inférieur ou arrivait plus tard qu’attendu, la trajectoire de la reprise (économique) pourrait être plus lente qu’attendu », avaient souligné plusieurs responsables de la Réserve fédérale américaine.

La publication des minutes du comité monétaire de la Fed, qui a toujours lieu trois semaines après la réunion, coïncide cette fois avec la grande confusion qui règne autour d’une nouvelle enveloppe budgétaire pour les ménages et les entreprises.

Donald Trump a en effet brutalement annoncé mardi après-midi la fin des discussions, avant de se rétracter et d’évoquer des mesures ciblées. Son administration et les élus démocrates du Congrès tentaient depuis plus de deux mois de se mettre d’accord sur de nouvelles aides, jugées cruciales par les économistes.

Selon les membres du comité monétaire de la Fed, les chèques directs envoyés au printemps à une large partie des foyers américains, mais aussi les aides supplémentaires versées aux chômeurs jusqu’à fin juillet, notamment, ont « soutenu la capacité et la volonté des foyers à dépenser ».

Ces aides, qui ont soutenu les dépenses, ont in fine limité des cascades de faillites d’entreprises et limité des licenciements massifs.

Et la plupart des responsables de la Banque centrale « jugeait qu’un soutien budgétaire supplémentaire aiderait à soutenir la reprise des dépenses des ménages ».

Ils ont également relevé que « les conditions financières se sont améliorées ces derniers mois, en partie grâce aux mesures politiques de soutien à l’économie et aux crédits accordés aux ménages et aux entreprises américains ».

« Près de 11 millions de personnes sont toujours sans emploi à cause de la pandémie et une bonne partie de ces gens travaillaient dans des secteurs qui sont à la peine. Ces personnes ont besoin d’un soutien supplémentaire », avait souligné le président de la Fed Jerome Powell, lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion monétaire.

Il a depuis eu recours à un vocabulaire inhabituellement alarmiste pour alerter contre les conséquences « tragiques » d’une absence d’aides sur l’économie américaine, et donc sur la population.