(Washington) Le président de la Banque mondiale a exhorté lundi à réduire « le fardeau de la dette » des pays les plus pauvres, soulignant que le moratoire accordé dans le cadre du G20 n’était pas suffisant.

Agence France-Presse

« La suspension du service de la dette est un palliatif important, mais ce n’est pas suffisant », a déclaré David Malpass lors d’une conversation virtuelle à Francfort en amont des réunions d’automne de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI).

Il a relevé que pour l’heure, « trop de créanciers ne participent pas (au moratoire), laissant l’allégement de la dette trop superficiel pour répondre aux besoins budgétaires » des pays.

L’Initiative de suspension du service de la dette (DSSI) avait été annoncée au printemps et a pris effet le 1er mai pour un an. La Banque mondiale et le FMI souhaitent qu’elle soit prolongée jusqu’à la fin 2021.

David Malpass a en outre argué que le processus consistait à différer les paiements de la dette et non à les réduire.

« Compte tenu de l’ampleur de la pandémie, je pense que nous devons agir d’urgence pour réduire sensiblement l’encours de la dette des pays en situation de surendettement », a-t-il insisté.  

Parmi les recommandations, David Malpass a souligné la nécessité d’une participation de tous les créanciers au moratoire et d’une transparence totale sur les termes de la dette existante.

Il a enfin souligné « le besoin de nouveaux outils ».  

« La Banque mondiale et le FMI proposent […] un plan d’action conjoint d’ici la fin de 2020 pour la réduction de la dette des pays IDA en situation d’endettement insoutenable », a-t-il indiqué.

L’IDA, l’Association internationale de développement, est la partie de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres du monde.

Les réunions d’automne du FMI et de la Banque mondiale se tiendront la semaine prochaine à Washington.

David Malpass a par ailleurs déploré le fait que la pandémie ait effacé des décennies de progrès en matière de réduction de la pauvreté dans le monde.

« Les nouvelles projections de la Banque mondiale sur la pauvreté suggèrent que d’ici 2021, 110 à 150 millions de personnes supplémentaires seront tombées dans l’extrême pauvreté, vivant avec moins de 1,90 dollar par jour », a-t-il dit.  

« Cela signifie que la pandémie et la récession mondiale peuvent précipiter plus de 1,4 % de la population mondiale dans l’extrême pauvreté », a-t-il indiqué.