(Québec) L’impact de la pandémie de COVID-19 sur les finances publiques se confirme : Québec cumule un déficit de 4,9 milliards après trois mois de son exercice financier 2020-2021.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

C’est ce que révèle le rapport des opérations financières au 30 juin, un document que le ministère des Finances a rendu public vendredi.

En juin, le gouvernement Legault a dit s’attendre à un déficit de 14,9 milliards pour l’ensemble de l’année 2020-2021 – ce qui comprend une provision de quatre milliards « pour pallier les risques économiques potentiels et financer des mesures de soutien et de relance ».

Après trois mois d’exercice — avril, mai et juin —, le déficit s’élève à 4,9 milliards. La pandémie, qui a débuté en mars, a causé tout un revirement de situation dans les coffres de l’État : pour la même période l’année dernière, on cumulait un surplus de 824 millions.

Au 30 juin, les revenus autonomes du gouvernement ont chuté de 18,1 % par rapport à l’année précédente, une baisse de 4,1 milliards. Le ralentissement économique causé par la pandémie a eu un impact en particulier sur les rentrées d’argent en provenance de l’impôt des entreprises (-33,7 %) et des taxes à la consommation (-26,2 %). Les entreprises du gouvernement comme Hydro-Québec et Loto-Québec ont vu leurs revenus fondre de 59,4 %.

Ottawa, lui-même aux prises avec un lourd boulet, a toutefois donné une bouffée d’oxygène à Québec avec ses diverses mesures d’aide. Ses transferts sont en hausse de 15,6 % (920 millions) comparativement à la même période l’an dernier.

De leur côté, les dépenses ont bondi de 9,7 % (2,6 milliards), toujours par rapport aux trois premiers mois de 2019-2020. La hausse est attribuable aux mesures mises en place dans le secteur de la santé pour répondre à la pandémie.

D’avril à juin, Québec cumule donc des dépenses totales de 29,6 milliards (incluant le service de la dette) et des revenus de 25,3 milliards. En tenant compte des versements au Fonds des générations (589 millions), le solde budgétaire est dans le rouge de 4,9 milliards au 30 juin.