Afin d’aider le Québec à franchir un pas de plus vers une plus grande autonomie alimentaire, le gouvernement Legault souhaite donner l’exemple. Écoles, hôpitaux, garderies, CHSLD : d’ici 2025, 3500 institutions publiques devront s’être dotées d’une cible d’achat de produits locaux au sein de leurs services alimentaires.

Daphné Cameron Daphné Cameron
La Presse

À l’heure actuelle, environ 45 % des aliments achetés par les institutions publiques provinciales ont été produits au Québec, évalue André Lamontagne, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Grâce à la mise en oeuvre de la Stratégie nationale d’achat d’aliments québécois — rendue publique mardi — il espère faire passer ce taux à 60 % d’ici cinq ans.

« Concrètement, pour le secteur agricole c’est 180 millions de plus de ventes agricoles. Si l’on traduit cela en termes d’emplois, ça représente 3000 emplois directs et indirects. C’est certainement une superbe initiative de vouloir mettre cela en place et il est primordial que l’état montre la voie et montre l’exemple et c’est exactement ce que l’on s’engage à faire », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse virtuelle.

Les institutions devront elles-mêmes choisir leurs cibles. Pour parvenir à les atteindre, un service d’accompagnement sera mis en place en collaboration avec l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ).

Un répertoire d’aliments du Québec destiné aux acheteurs professionnels a aussi été mis en ligne mardi. Environ 150 entreprises et 8500 produits sont déjà inscrits au registre.

Une première

Selon le ministre Lamontagne, c’est la première fois que les institutions québécoises devront se doter de telles cibles.

« Au moment où l’on se parle, on s’aperçoit à travers nos recherches qu’il s’en achète passablement des aliments québécois. Pour les institutions qui ne font pas vraiment d’efforts [d’acheter local] et qui ne semblent pas porter attention à cet enjeu, ce qu’on voit, c’est qu’il y a environ 30 à 40 % d’achat d’aliments québécois. Pour ceux qui font un effort moindrement organisé : on passe la barre du 50 %. Et quand on accompagne des organisations, on s’aperçoit qu’on peut avoir une cible de 60 % et même davantage », a souligné le ministre.

Considérant qu’au Québec, l’attribution des contrats publics est soumise à la loi du plus bas soumissionnaire et que les produits agricoles de l’étranger sont souvent moins chers, les cibles d’achat local pourront-elles être incluses dans les appels d’offres ?

« Par les libellés que l’on met dans les contrats comme la question de l’environnement ou du réchauffement climatique, il y a toute sorte d’aspects qu’on peut venir joindre dans les contrats tout en respectant les traités [internationaux] et que l’on puisse réussir à diriger un peu le contenu des appels d’offres », a répondu le ministre.