Le sport professionnel, on le sait, est une affaire de fric. Les joueurs, les équipes et les commanditaires y brassent des millions, et les fans sont trop heureux de contribuer à alimenter cette immense machine. Ce n’est nulle part aussi évident qu’au soccer.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Ceux qui pensent que Carey Price est trop payé, avec son salaire de 15 millions en 2019-2020, peuvent jeter un coup d’œil sur les revenus des joueurs de foot européens. C’est un autre monde complètement.

De tous les sports professionnels, le football (celui qui se joue avec un ballon rond) est de loin le plus populaire dans le monde. La dernière Coupe du monde, en 2018 en Russie, a été vu par 3,6 milliards de personnes, selon la FIFA, l’organisation qui règne sur le sport depuis 1904. C’est pas loin de la moitié de la population mondiale.

C’est aussi un sport qui gagne en popularité. L’Europe et l’Amérique latine en restent les châteaux forts, mais les fans se multiplient partout dans le monde, y compris au royaume du hockey, le Canada. La méga-entreprise du football est en expansion. Les 20 plus importantes équipes au monde ont engrangé des revenus de 9,3 milliards d’euros (environ 14,5 milliards CAN) l’an dernier, une hausse de 11 % en un an. La plus grande partie de ces revenus provient des droits de télédiffusion, qui ont explosé au cours des dernières années.

Les clubs de foot sont souvent des jouets pour milliardaires qui ne savent plus quoi faire avec leur argent.

Mais il existe aussi de véritables entreprises de football, dont les actions sont inscrites en Bourse. Ceux qui les achètent sont peut-être des partisans du club, mais ce sont aussi des investisseurs qui espèrent obtenir une part de cet énorme gâteau.

Manchester United, le grand club britannique, est une de ces entreprises dont les actions s’échangent aux Bourses de New York et de Londres. À New York, sa capitalisation boursière frôle les 3 milliards de dollars américains. D’autres équipes ont suivi l’exemple de Manchester United et sont devenues des sociétés ouvertes dont les actions s’échangent sur les marchés, comme la Juventus de Turin, en Italie, et le Borussia Dortmund, en Allemagne.

Investir dans un club de sport professionnel comporte des risques particuliers. À moins d’être un fan fini pour qui le rendement est secondaire, l’actionnaire doit avoir le cœur bien accroché. La valeur de ses actions varie au gré des victoires et des défaites de l’équipe, mais aussi de facteurs impondérables comme l’humeur ou le comportement de ses joueurs.

Le FC Barcelone n’est pas coté en Bourse, mais s’il l’était, on peut imaginer la chute du titre si sa grande vedette Lionel Messi avait quitté l’équipe, comme il a menacé de le faire récemment.

Un fonds foot

Ce genre d’investissement n’est pas aussi populaire que le sport lui-même, mais il suscite de plus en plus d’intérêt. Il s’agit d’un placement relativement à l’abri des récessions (mais pas immunisé contre la COVID-19), et d’autres équipes ailleurs dans le monde, notamment en Asie, pensent à émettre des actions pour se financer.

Ceux que le risque d’investir directement dans une équipe de sport professionnel rebute ont même des solutions de rechange. Un exemple : la banque suisse Swissquote a trouvé un moyen d’offrir un investissement qui permet de profiter de la popularité grandissante du foot en minimisant les risques qui y sont associés. Il s’agit d’un produit dérivé composé de titres d’équipes, mais aussi de commanditaires et d’entreprises qui gravitent autour et qui en profitent, comme Coca-Cola, Adidas ou McDonald’s.

Baptisé « La fièvre du football », ce portefeuille a généré un rendement de plus de 20 % depuis son lancement en 2018, selon Swissquote.

À moins que la pandémie n’en décide autrement, la fièvre du football qui s’est emparée de la planète grimpera encore à l’approche de la prochaine Coupe du monde, qui aura lieu au Qatar en 2022.

> Consultez le portefeuille « La fièvre du football »