(Washington) Le marché du travail américain va continuer à se relever mais plus lentement, car les personnes qui n’ont pas retrouvé leur emploi perdu avec la pandémie travaillent dans les secteurs les plus touchés, selon le président de la Banque centrale américaine (Fed).

Agence France-Presse

« La reprise continue. Nous pensons que ce sera plus dur à partir de maintenant », a dit vendredi Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine, dans une interview à la radio publique NPR.

En effet, « alors qu’environ 11 millions de personnes ont retrouvé du travail, il y en a encore 10 ou 11 (millions) qui n’ont pas retrouvé d’emploi », or ces emplois sont « les plus difficiles à retrouver car certains secteurs de l’économie seront plus longs à se relever ».

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Le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell

« Voyages, loisirs, hôtels, par exemple. Ça va être dur. Les personnes qui travaillent dans ces emplois de services, notamment les travailleurs les moins bien payés, sont ceux qui sont les plus vulnérables », a-t-il précisé.

Le taux de chômage des États-Unis a baissé bien plus qu’attendu en août, à 8,4 %, contre 10,2 % en juillet. Mais le nombre de chômeurs reste très élevé, et beaucoup d’emplois recréés sont précaires.

« Le fardeau de la pandémie s’est abattu plus largement sur les personnes au bas de l’échelle des revenus », et a « exacerbé des disparités préexistantes dans notre économie », a encore commenté Jerome Powell.

Il a évoqué l’importance d’une aide budgétaire, alors que la Maison-Blanche et les élus démocrates du Congrès échouent à se mettre d’accord sur un nouveau plan d’aide pour les ménages et entreprises.

La question de l’augmentation de la dette des États-Unis n’est pas d’actualité, selon lui, « alors que tant de personnes sont dans le besoin ».

« Dans la mesure où vous maintenez les gens sur le marché de l’emploi, où vous les laissez dans leurs maisons, ils sont en mesure de plus contribuer à l’économie, de payer des impôts. […] Ça coûte de l’argent maintenant, mais ça rapporte des intérêts plus tard », a-t-il souligné.

En mars, face à l’avancée de la pandémie aux États-Unis, la Fed avait abaissé ses taux d’intérêt à zéro, afin de soutenir la consommation.

« L’économie aura besoin de taux d’intérêt bas, qui soutiennent l’activité économique, pendant longtemps », a encore indiqué Jerome Powell, estimant que « ça se comptera en années ».

« Nous n’allons pas retirer prématurément un soutien dont nous pensons que l’économie a besoin », a-t-il ajouté.