(Washington) La reprise économique reste molle aux États-Unis avec des dépenses de consommation au ralenti dans un pays où la pandémie inquiète toujours et où le retour au travail est aussi contrarié par de nombreuses écoles qui restent fermées.  

Delphine TOUITOU
Agence France-Presse

« La progression de 1,9 % des dépenses de consommation enregistrée en juillet offre un autre signe que si la reprise de la demande reste sur la bonne voie, elle s’est installée dans un rythme plus lent », a résumé Nancy Vanden Houten, économiste chez Oxford Economics dans une note.

Pourtant en mai et juin, ces dépenses avaient bondi de 8,6 % et 6,2 % respectivement, laissant espérer une reprise forte et rapide.

Les ménages sortaient alors progressivement de leur confinement forcé, petits commerces et restaurants rouvraient leurs portes à leurs clients.

Mais la pandémie de COVID-19 a ressurgi fin juin et surtout début juillet - après le long weekend de la fête nationale du 4 juillet -, semant l’inquiétude en particulier dans l’ouest et le sud du pays.

La flambée de cas, avec des pics à plus de plus de 70 000 nouveaux cas par jour en juillet, semblait en passe de se terminer fin août.

Pas de quoi rassurer véritablement les consommateurs : leur confiance s’est à peine améliorée en août, selon l’estimation finale de l’enquête de l’Université du Michigan publiée vendredi.

L’indice a en effet gagné 1,6 point pour s’établir à 74,1 points.  

Confiance et consommation en berne

C’est certes supérieur aux attentes des analystes (72,8 points). Mais c’est près de 23 points de moins que les niveaux d’avant la pandémie.

Le gain enregistré en août est « insignifiant », a même jugé Richard Curtin, l’économiste en chef chargé de cette enquête bi-mensuelle.

Il reflète « moins d’inquiétudes quant aux perspectives économiques pour l’année à venir ». Mais ces perspectives « restent deux fois moins favorables qu’il y a six mois », c’est-à-dire avant la pandémie.

« La lente reprise, les inquiétudes concernant le coronavirus et la diminution du soutien fédéral aux ménages pèsent sur le moral des consommateurs », a renchéri Nancy Vanden Houten.  

En conséquence, les dépenses de consommation augmentent moins vite : elles sont « 5 % en dessous des niveaux pré-pandémiques », précise-t-elle.  

Et sans nouvelles aides gouvernementales, la consommation ne pourra pas se redresser véritablement.

Or les revenus des ménages n’ont augmenté que de 0,4 % en juillet, des millions de personnes sont toujours sans emploi, et les licenciements continuent.

Le géant américain des casinos MGM Resorts International, affecté par la fermeture ou la baisse de fréquentation de ses établissements en raison de la pandémie, a annoncé vendredi qu’il allait congédier, aux États-Unis, 18 000 salariés déjà au chômage technique.

La consommation est le moteur historique de l’économie américaine, représentant quelque 70 % du PIB.

L’allocation de chômage exceptionnelle de 600 dollars par semaine, décidée par le gouvernement au plus fort de la crise sanitaire quand l’économie était totalement à l’arrêt, a expiré à la fin juillet.

Aide gouvernementale et tests rapides

Le président américain Donald Trump a signé un décret le 8 août pour octroyer 300 dollars par semaine en prestations de chômage améliorées financées par le gouvernement fédéral.  

Il a en outre appelé les États à verser 100 dollars supplémentaires par semaine mais il leur a laissé le choix de participer ou non à cette aide. De plus, le délai d’envoi de cette aide financière prend en moyenne trois semaines.

La prolongation de l’aide aux chômeurs est pourtant cruciale aux États-Unis alors que la majorité des personnes ayant perdu leur emploi dans les secteurs du voyage, de l’hôtellerie et de la restauration, disposaient de peu ou d’aucune économie avant la crise.  

Cette aide a ainsi empêché au printemps des millions de foyers de tomber dans la pauvreté.

Faute de vaccin disponible immédiatement pour se prémunir contre la COVID-19, Donald Trump, qui brigue un second mandat, a annoncé jeudi l’achat de 150 millions de tests rapides de la COVID-19 au groupe pharmaceutique Abbott.

C’est « un développement majeur », selon son entourage, pour aider le pays « à rester ouvert, à ramener les Américains au travail et les enfants à l’école ».

L’administration Trump assure que la reprise économique va être très forte au troisième et dernier trimestre après une contraction historique de 31,7 % du PIB au deuxième trimestre en rythme annuel.