(Edmonton) L’effondrement des prix du pétrole et la crise du coronavirus ont plongé l’Alberta dans un déficit historique de 24,2 milliards — plus du triple de ce que le gouvernement conservateur avait prévu dans son budget de février, avant la pandémie.

Bob Weber
La Presse canadienne

En présentant jeudi sa mise à jour économique du premier trimestre, le ministre des Finances, Travis Toews, a admis qu’« il y aura des jours très difficiles à venir » et que la voie de la reprise « sera lente ».

La dette publique de l’Alberta devrait atteindre 100 milliards d’ici la fin de l’exercice, au printemps prochain. Les recettes globales du gouvernement devraient chuter de 11,5 milliards — près du quart —, alors que les recettes tirées de l’impôt des sociétés vont chuter de plus de moitié. On prévoit que les recettes fiscales provenant des hydrocarbures, pierre angulaire de l’économie albertaine, fondront de 73 %.

L’avenir immédiat de la province n’est pas non plus très rose. La mise à jour économique prévoit une certaine croissance d’ici l’an prochain, mais pas assez pour compenser la baisse prévue de près de 9 % cette année du produit intérieur brut de l’Alberta. On s’attend à ce que le taux de chômage, actuellement autour de 12 %, ne descende pas sous la barre des 10 % en 2021.

Le ministre Toews a d’ailleurs laissé entendre que des coupes sont à prévoir dans les dépenses — il a promis de publier en novembre une mise à jour relative à la situation financière sur trois ans. « Nous rechercherons toutes les façons possibles d’offrir les services de la manière la plus économique qui soit, a-t-il dit. L’Alberta ne peut plus se permettre d’être un cas particulier en matière de coûts de prestation des services. »

Le ministre Toews n’entrevoit pas le jour où le gouvernement albertain pourrait afficher un budget équilibré. « À l’heure actuelle, il serait presque impossible de fournir une date crédible. » Mais les impôts, pour l’instant, doivent rester stables, a-t-il dit. « À une époque de grands défis économiques pour tant d’Albertains et d’entreprises, ce serait, je crois, irresponsable de l’envisager ». Mais « à plus long terme, il sera important que les Albertains aient une discussion sur la structure des recettes et de la fiscalité ».

L’Alberta est l’une des provinces où les charges fiscales sont les plus basses au Canada et elle demeure la seule sans taxe de vente provinciale.