Plus sévèrement confinée, l’économie du Québec a rebondi plus rapidement que celle du Canada en mai, selon l’Institut de la statistique.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Le Produit intérieur brut du Québec a crû de 10,4 % en mai, un rebond deux fois plus important que celui de 4,5 % enregistré au Canada pour le même mois. Cette progression record fait suite à une dégringolade beaucoup plus importante de l’économie au Québec en mars et en avril en raison d’un confinement plus sévère.

La hausse record du PIB en mai arrive aussi après une baisse record de 14,8 % en avril, un recul plus marqué que celui du Canada pour le même mois (-11,7 %).

L’économie du Québec a donc redémarré, mais reste son PIB est encore inférieur de 15 % à ce qu’il était en février, avant la pandémie. Le rythme de la reprise devrait ralentir, souligne l’économiste de Desjardins, Hélène Bégin. « L’estimation préliminaire de juin indique que la récupération sera moins rapide par la suite, a-t-elle commenté. L’économie est sur la bonne voie, mais les risques d’une deuxième vague de cas de COVID-19 alimentent encore les incertitudes ».

L’Institut de la statistique prévoit une progression de 5 % de l’économie québécoise en juin, un rythme deux fois moins rapide. Si ça se confirme, ça signifierait un recul de 43,2 % en rythme annualisé pour le deuxième trimestre de 2002. « Il s’agirait évidemment là de la pire contraction trimestrielle rapportée à ce jour dans la province », notent les économistes de la Banque Nationale, Jocelyn Paquet et Kyle Dahms.

Le rebond de l’économie québécoise en mai a été mené par l’industrie de la construction et le commerce de gros et de détail, qui ont pu reprendre leurs activités à peu près normalement. Le secteur de l’hébergement et de la restauration a connu un rebond important en mai, mais il demeure encore le plus touché par la crise. Les autres principales victimes sont le secteur des arts et des loisirs ainsi que le transport, dont le niveau d’activité reste encore très loin de ce qu’il était en février.