En dépit des récentes données positives promues par les associations de courtiers, le marché de l’immobilier résidentiel au Canada ne sera pas pour autant « à l’abri des difficultés » au cours des prochains mois, avertissent les économistes de la Banque Nationale (BN) dans la mise à jour mensuelle de leur « Indice de prix de maison Teranet ».

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

« La demande latente accumulée pendant le confinement économique a gonflé les chiffres de ventes en juin et en juillet. Or, un examen de la moyenne des prix de vente depuis cinq mois révèle que l’activité sur le marché de la revente de maisons demeure plutôt faible depuis mars », note l’économiste Kyle Dahms.

De plus, « la progression de l’indice des prix Teranet le mois dernier s’est avérée la plus faible en 15 ans pour un mois de juillet. Il s’agit aussi du deuxième mois (consécutif) que cet indice révèle que le confinement a eu un impact sur l’évolution du marché immobilier résidentiel. »

Par conséquent, souligne l’économiste de la BN, « nous pensons toujours que le marché immobilier résidentiel butera contre certaines difficultés » au cours des prochains mois.

Pourquoi ?

D’une part, note Kyle Dahms, « les ménages n’ont pas encore vraiment souffert (dans leur budget) des conséquences des difficultés économiques actuelles. »

D’autre part, « les consommateurs ont bénéficié de reports de remboursements de dettes et les programmes d’aide au revenu établis par les divers paliers de gouvernement ont largement compensé les pertes sur le marché du travail. »

Par conséquent, avertit l’économiste de la BN, « la fin de ces programmes et un marché du travail encore en convalescence pourraient soulever des obstacles dans le marché de l’immobilier résidentiel » au cours des prochains mois.

L’Indice Teranet de prix des maisons calculé par le service des études économiques de la Banque Nationale mesure l’évolution des prix de vente parmi les principales régions urbanisées au Canada.

L’indice principal et ses sous-indices régionaux sont calculés en fonction de moyennes mobiles sur trois mois des prix de vente des maisons qui sont inscrits dans les registres fonciers de chaque région.

De cette façon, ces indices Teranet de prix des maisons sont moins volatils et plus représentatives, statistiquement, que les données de vente mensuelles promues par les associations de courtiers immobiliers.