(Washington) Les mesures pour contenir la nouvelle flambée de la pandémie aux États-Unis font souffrir l’économie qui avait enregistré un rebond en mai et juin : c’est dans ce contexte que la Fed se réunit cette semaine et que le Congrès continue à négocier un quatrième plan d’aide.

Julie CHABANAS
Agence France-Presse

Les commandes de biens durables tels que les véhicules, les machines pour l’industrie, ou encore les équipements de défense, ont ainsi grimpé en juin, pour le deuxième mois d’affilée, à 7,3 % après 15,1 % en mai.

La hausse du mois de juin est principalement due aux ventes de voitures neuves qui ont bondi de 85,7 %, selon les données publiées lundi par le département du Commerce.

Toutefois, « le secteur manufacturier reste exposé à une demande faible, ce qui aura un impact sur les décisions d’investissement et d’embauche à l’avenir », avertit Rubeela Farooqi de High Frequency Economics.

L’optimisme était de mise aux États-Unis à la fin du printemps.  

Une large partie du pays avait permis aux commerces de rouvrir, faisant repartir à la hausse les ventes et la confiance des consommateurs, après plusieurs semaines de confinement.

Mais les cas de contamination ont flambé à partir de fin juin, et plusieurs États comme la Californie, le Texas ou la Floride ont été contraints de prendre de nouvelles mesures draconiennes pour y faire face.

Et les inscriptions au chômage sont reparties à la hausse mi-juillet, pour la première fois depuis la fin du mois de mars.

Baisse historique du PIB

« L’enthousiasme lié aux réouvertures s’est estompé », commentent les analystes d’Oxford Economics dans une note. « Les risques pesant sur la reprise resteront fortement orientés à la baisse tant que la situation sanitaire ne s’améliorera pas », ajoutent-ils.

Le redémarrage de la première économie du monde en mai et juin n’aura pas suffi à rattraper la chute historique du mois d’avril, et c’est un plongeon non moins historique qui attend le PIB américain du deuxième trimestre, qui sera publié jeudi.

La baisse pourrait être de 37 %, selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI).

Timide note d’optimisme, le nombre de nouveaux cas était en baisse dimanche aux États-Unis pour la première fois depuis la résurgence du virus.

Mais la gestion de la crise pourrait coûter à Donald Trump sa réélection à la Maison-Blanche en novembre. Critiqué jusque dans son camp, il a tout récemment fait volte-face et conseillé le port du masque, ce qu’il avait jusque-là refusé de faire invoquant la liberté individuelle.

Nouveau plan d’aide

La Banque centrale américaine, la Réserve fédérale (Fed), qui tient mardi et mercredi son habituelle réunion monétaire, va se mettre au chevet de l’économie américaine.

Les observateurs n’attendent néanmoins pas de nouvelle action de sa part à l’issue de ce comité, alors qu’elle a déployé depuis le début de la crise une large palette de mesures de soutien, dont certaines inédites.

Ses responsables devraient affirmer, comme ils l’ont déjà fait à plusieurs reprises, qu’un soutien budgétaire du gouvernement est nécessaire pour sortir la tête de l’eau.

La Maison-Blanche et les sénateurs républicains devraient présenter lundi un projet de loi pour un nouveau plan d’aide économique, de 1000 milliards de dollars.

L’urgence est de mettre sur pied une aide supplémentaire pour les millions de chômeurs que compte désormais le pays. Alors que le marché du travail est sinistré, un complément à leur allocation chômage, adopté fin mars pour faire face à la pandémie, prend fin vendredi.

Cette aide pourrait être réduite à 200 dollars par semaine, au lieu de 600 dollars depuis avril, puis passer à 70 % du salaire perçu avant d’être au chômage, lorsque les logiciels auront pu intégrer cette formule, selon des médias américains.

En discussion également, un nouveau chèque pour les ménages, des prêts supplémentaires aux entreprises les plus touchées, ou encore un fonds pour permettre aux écoles de rouvrir en septembre.