(Calgary) Le patron de Suncor Énergie a indiqué jeudi que son entreprise n’augmenterait pas rapidement sa production de pétrole malgré la récente hausse des prix du brut, alors que l’économie nord-américaine continue sa réouverture avec l’assouplissement des mesures de lutte à la pandémie de COVID-19.

La Presse canadienne

Mark Little a fait valoir qu’il ne voulait pas « gager sur la santé financière » de l’entreprise à la lumière de la reprise naissante, et a dressé une liste d’éventuels risques, incluant celui lié à une possible deuxième vague d’infections au nouveau coronavirus.

Lors d’une conférence téléphonique pour discuter des résultats du deuxième trimestre de Suncor, M. Little a répété que la reprise du secteur de l’énergie serait alimentée par les consommateurs et les produits raffinés, la demande pour l’essence devant se traduire par une hausse de la demande pour le pétrole.

M. Little a souligné que le taux d’utilisation de ses activités de raffinage s’était établi à 76 % pour le trimestre clos le 30 juin, permettant une production de brut de 350 400 barils par jour. Ce taux, bien supérieur aux moyennes de l’industrie, était attribuable à la capacité de Suncor à répondre aux besoins des consommateurs par l’entremise de ses réseaux de grossistes et de détaillants, incluant ses stations-service Petro-Canada.

La production totale de Suncor a atteint l’équivalent de 655 500 barils par jour pendant le deuxième trimestre, ce qui était inférieur de 18,5 % à celle de 803 900 barils par jour du même trimestre l’an dernier. Cela s’expliquait par certaines mesures entreprises par la pétrolière, notamment l’arrêt d’un des deux trains d’extraction du projet de sables bitumineux de Fort Hills, dans le nord de l’Alberta, qui produit 194 000 barils par jour.

La remise en service du deuxième train dépendra des prix du pétrole et du programme de réduction de production de pétrole de l’Alberta, qui a empêché le projet Fort Hills d’atteindre sa pleine production et a réduit l’habileté de Suncor à contrôler ses coûts.

« Au cours de la deuxième moitié de 2020, nous avons observé un raffermissement soutenu de la demande en aval (raffinage) pour l’essence et le diesel vers des niveaux plus saisonniers d’ici la fin de l’année », a indiqué M. Little.

« Étant donné les niveaux élevés des stocks mondiaux de brut et le retour de la production qui était interrompue au deuxième trimestre, nous nous attendons à ce que la volatilité persiste tout au long de 2020, même si, de toute évidence, elle ne devrait pas être aussi extrême que celle que nous avons vue au deuxième trimestre. »

Dans ses plus récents résultats trimestriels, Suncor a fait état d’une perte nette de 614 millions, soit 40 cents par action, pour son deuxième trimestre, ce qui se comparait à un bénéfice net de 2,73 milliards, soit 1,74 $ par action, pour la même période en 2019. Les analystes s’attendaient en moyenne à une perte nette de 1,28 milliard, selon les prévisions recueillies par Refinitiv.

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