(New York) Les prix du pétrole se sont un peu repliés vendredi, lestés par des prises de bénéfices et par un nouveau record de cas de COVID-19 aux États-Unis, signe inquiétant pour la reprise de la demande de brut.

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a fini à 43,14 dollars à Londres, en baisse de 0,5 % ou 23 cents par rapport à la clôture de jeudi.

À New York, le baril américain de WTI pour le mois d’août a abandonné 0,4 % ou 16 cents,  à 40,59 dollars.

Sur la semaine, le Brent a cédé 0,2 %, tandis que le WTI a grappillé 0,1 %.

« Un regain d’inquiétudes lié à l’augmentation des cas de coronavirus dans le monde pèse sur le marché de l’énergie », a expliqué Stephen Brennock, analyste de PVM.

« Cette incertitude autour de l’impact de la pandémie sur la demande emprisonne les prix du pétrole dans un scénario “un pas en avant, un pas en arrière”. La crise est loin d’être contenue, les acteurs du marché n’ont guère d’autre choix que l’attentisme », a-t-il ajouté.

Les États-Unis ont battu jeudi un nouveau record de contaminations quotidiennes à la COVID-19, avec plus de 68 000 nouveaux cas enregistrés en l’espace de 24 heures.

Le Brésil, deuxième pays le plus touché par la pandémie, a lui franchi le cap des deux millions de contaminations, mais l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué que l’épidémie y avait atteint un « plateau » et appelé les autorités à saisir cette « opportunité pour repousser la maladie. »

Jeffrey Halley, de Oanda, attribue le léger recul des prix pétroliers de vendredi à des prises de bénéfices et se rassurait de voir que « les marchés ont assimilé sans incident l’augmentation imminente de la production de l’OPEP “ ».

Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés ont en effet décidé mercredi de maintenir l’allègement prévu de leurs coupes de production d’or noir.

Elles passeront de 9,6 millions de barils par jour (mbj) actuellement « à un total de 8,1 à 8,2 mbj en août » selon les calculs du ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdelaziz ben Salmane, qui correspondent aux 7,7 mbj inscrits dans le calendrier initial plus les compensations espérées des pays n’ayant pas respecté leurs quotas.

« Les producteurs peuvent décider de la vitesse à laquelle ils souhaitent relancer la production, mais tout ce que fait l’OPEP pourrait être inutile si la demande nécessaire ne suit pas », a cependant averti Louise Dickson, de Rystad Energy.