(New York) Les prix du pétrole ont terminé en hausse jeudi, toujours soutenus par la forte baisse des stocks de brut aux États-Unis et ce malgré la perspective d’une fin progressive des coupes historiques de production de l’OPEP+ évoquée par Moscou.

Agence France-Presse

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre s’est apprécié de 1,11 dollar, ou 2,64 %, pour finir à 43,14 dollars.

À New York, le baril américain de WTI pour le mois d’août a gagné 83 cents, ou 2,1 %, pour terminer à 40,65 dollars.

« Après une pause en début de séance, liée aux inquiétudes concernant les nouvelles infections de COVID-19 aux États-Unis et aux restrictions qu’elles impliquent, les prix du pétrole ont regagné du terrain et sont repassés en territoire positif », remarque Louise Dickson du cabinet Rystad Energy.

« Les courtiers n’ont pas encore oublié l’annonce (mercredi) d’une baisse des réserves de brut aux États-Unis » bien plus importante qu’anticipée, ajoute-t-elle.

Selon le rapport hebdomadaire de l’Agence américaine d’informations sur l’Énergie (EIA), les stocks de brut ont en effet reculé de 7,2 millions de barils la semaine dernière.

« Généralement, une baisse des stocks indique soit une évolution positive de la demande ou une évolution négative de l’offre. Mais comme l’offre est actuellement assez stable, le marché suppose que la demande reste forte » dans le pays malgré les nouvelles infections et les restrictions liées à la COVID-19, remarque Mme Dickson.

Cet optimisme a aussi été alimenté par l’annonce de la création de 4,8 millions d’emplois en juin aux États-Unis, un record.

Les prix du brut ont toutefois été lestés en cours de séance par des déclarations du ministre russe de l’Énergie Alexandre Novak.

Selon des propos rapportés par une agence russe, M. Novak a écarté après une réunion avec son homologue azerbaïdjanais l’extension au mois d’août des coupes drastiques de production auxquelles les pays membres de l’OPEP+ s’astreignent depuis début mai.

« Nous avons uniquement étendu pour juillet le niveau de réduction qui a été fixé en mai-juin », a-t-il rappelé, ajoutant « qu’à partir du 1er août nous devrions avoir une restauration partielle du volume des réductions ».

Le club de producteurs constitué des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et dix alliés, dont la Russie, a annoncé en avril une coupe draconienne de sa production de 9,7 millions de barils par jour (mbj) sur deux mois, en mai et juin.

Cette réduction volontaire, destinée à mieux aligner le volume de l’offre sur celui d’une demande en chute libre afin de soutenir les prix, a été reconduite quasi intégralement pour le mois juillet.

Doivent suivre deux nouveaux paliers : une réduction de 7,7 mbj jusqu’à décembre, puis à 5,8 mbj de janvier 2021 à avril 2022.