La construction résidentielle au Québec se tirera d’affaire malgré les répercussions de la COVID-19, selon l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ). La maison unifamiliale gagnerait en popularité à compter de 2021 des suites de la vie en confinement.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

L’organisme qui représente 18 000 entreprises membres a présenté aujourd’hui la mise à jour de ses prévisions. Il voit les mises en chantier glisser de 15 % en 2020, puis encore un peu en 2021, avec une baisse additionnelle de 3 %.

On part donc de 47 967 mises en chantier en 2019, pour conclure 2020 avec 41 000 nouveaux logements, puis 40 000 unités en 2021.

Ce sont en particulier la construction de logements locatifs qui va souffrir en 2021, croit l’économiste de l’APCHQ Paul Cardinal.

L’effervescence des dernières années autour des logements locatifs a été nourrie par la hausse des résidents non permanents, travailleurs temporaires et étudiants, explique-t-il.

Le solde des résidents non permanents a atteint un sommet en 2019, avec un record absolu de plus de 59 000 personnes, selon l’Institut de la statistique du Québec.

« C’est clair qu’il y a présentement un gros coup de frein à ce chapitre, indique M.  Cardinal, dans un communiqué. Mais il reste à savoir à quel niveau se stabilisera l’immigration, tant aux fins d’études que d’emploi, lorsque les frontières rouvriront. »

Regain de la popularité de la maison unifamiliale

D’un autre côté, l’économiste entrevoit un regain de la popularité de la maison individuelle après l’épisode du confinement. « Les gens ont pris conscience de l’importance d’avoir une cour et d’avoir de la place pour aménager un bureau à domicile, quand ce n’est pas deux bureaux, un pour chaque conjoint », dit M.  Cardinal, dans un entretien téléphonique.

Le nombre de nouvelles maisons en baisse depuis plusieurs années remontrait en 2021, passant de 9000 à 9450 unités, rien de spectaculaire, mais un nombre qui traduit un revirement de tendance.

M.  Cardinal ne serait pas surpris que les villes situées à une heure de Montréal et dont les propriétés sont plus accessibles gagnent des parts de marché : Saint-Hyacinthe, Saint-Jean-sur-Richelieu, Granby, Joliette et Salaberry-de-Valleyfield.

« Si on n’a à descendre en ville que deux jours par semaine au lieu de cinq jours, ça peut influencer le choix où l’on va s’établir », dit M.  Cardinal.