(Washington) La Banque centrale américaine a lancé lundi, après de longues semaines de préparation, son programme de prêts aux entreprises de taille moyenne qui doit venir compléter le dispositif d’aide du gouvernement fédéral de lutte contre l’impact de la pandémie de COVID-19.

Agence France-Presse

« Les créanciers sont encouragés à faire des prêts immédiatement » dans le cadre de ce programme, a encouragé la branche régionale de Boston, en charge de sa gestion.

L’institut d’émission a aussi annoncé qu’il commencerait dès mardi à permettre l’accès à un autre de ses programmes d’aide et commencer à acheter jusqu’à 750 milliards de dollars d’obligations d’entreprises.  

Cette nouvelle a donné un coup de fouet à la Bourse de New York, qui a pu fermer en hausse alors qu’elle avait commencé la journée plombée par la perspective d’une résurgence du COVID-19 aux États-Unis et en Chine.  

Le processus pour mettre en place le programme de prêts aux moyennes entreprises a pris des semaines, la Banque centrale n’ayant pas l’habitude de manipuler de tels outils.  

La Fed a donc suscité les commentaires des différentes parties avant de lancer ce programme, monté de toute pièce par l’institut d’émission pour tenter d’éviter les fermetures d’entreprises à la chaîne sous le contrecoup du confinement imposé aux États-Unis dès la mi-mars.

Appelé « Main Street Lending Program », il permet de prêter de l’argent aux entreprises trop grandes pour pouvoir bénéficier des prêts mis en place par l’administration Trump et le Congrès dans le cadre du plan de relance de l’économie américaine.

Contrairement aux prêts gouvernementaux, transformés en subvention aux entreprises qui l’utilisent en majorité pour payer les salaires, ceux de la Fed ne peuvent pas être effacés.

Le montant minimal de prêt a été abaissé, à 250 000 dollars contre 1 million dans une première mouture du programme.

La durée du prêt passe de quatre à cinq ans, et un délai de deux ans avant le début du remboursement est prévu.

Le montant maximum a été rehaussé, à 300 millions de dollars.

Les entreprises concernées sont celles qui étaient en bonne santé avant la crise, comptant moins de 15 000 salariés et un chiffre d’affaires annuel allant jusqu’à 5 milliards de dollars.

Le Trésor américain va verser 75 milliards de dollars dans ce programme, pour garantir les prêts.

La Chambre de commerce des États-Unis a salué le programme, « une bouée de sauvetage pour les entreprises qui ont été affectées par les conséquences sanitaires et économiques de la COVID-19 ».

Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, un des artisans des gigantesques plans de sauvetage – environ 3000 milliards de dollars à ce jour – votés par le Congrès y voit l’occasion pour les PME « d’avoir accès au crédit dont elles ont besoin pour traverser cette passe difficile ».

Acheter de la dette

La Fed a lancé un nombre impressionnant de programmes pour tenter d’enrayer l’impact économique de la pandémie.

Parmi ceux-ci, le Secondary Market Corporate Credit Facility (SMCCF), géré par la branche new-yorkaise de la Fed. Il démarre mardi et est prévu de courir jusqu’au 30 septembre.

Les obligations achetées viendront d’entreprises américaines qui n’ont pas encore bénéficié des largesses du gouvernement fédéral « afin d’assurer la fluidité du marché de la dette d’entreprise ».

La deuxième partie de ce programme, la Primary Market Corporate Credit Facility (PMCCF), doit aider plus directement les entreprises en apportant des fonds à des sociétés éligibles selon les critères de la Fed.