(Montréal) Malgré les importantes dépenses inhérentes à la crise du coronavirus, Québec ne prévoit toujours pas devoir hausser les impôts ni la Taxe de vente du Québec pour rétablir l’équilibre budgétaire.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Le ministre québécois des Finances, Eric Girard, l’a réitéré, vendredi, alors qu’il prenait la parole en conférence virtuelle, à l’invitation de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

« Il n’y aura pas de hausse d’impôt au Québec. Ce n’est pas dans notre philosophie de gouvernement. Il y aura une baisse de taxes scolaires, tel que prévu dans le dernier budget, au mois de juillet. Et nous n’avons pas l’intention d’augmenter la taxe provinciale, d’augmenter l’impôt des particuliers, l’impôt des entreprises. Il n’en est pas question. Ce n’est pas par là que passe le retour à l’équilibre budgétaire », a tranché le ministre québécois des Finances.

Il a admis que les finances du Québec seront tout de même affectées à moyen terme et qu’il faudra donc faire des « efforts ».

« On va devoir refaire des efforts à long terme pour revenir sur le chemin de l’équilibre budgétaire. Et ce chemin-là va prendre de trois à cinq ans », a-t-il prévenu.

Le ministre Girard a rappelé qu’à cause de la COVID-19, c’est environ 40 % de l’économie québécoise qui a été pratiquement « fermée » pendant huit semaines.

« Chaque mois nous coûte 3 % de PIB et approximativement 5 milliards de finances publiques », a précisé le ministre des Finances.

Le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, qui a interrogé le ministre Girard pour les 800 auditeurs inscrits à la conférence, ne lui a pas demandé s’il y aurait nommément des restrictions budgétaires ou mesures d’« austérité » pour ramener les finances publiques au point d’équilibre.

Le ministre a simplement ajouté : « le retour à l’équilibre budgétaire passe par une croissance des revenus qui sera légèrement supérieure aux dépenses. Et c’est ça le plan de match ».

Le Québec était certes en bonne situation financière avant que la pandémie éclate, mais « on ne peut pas présumer que les taux d’intérêt seront toujours bas dans les 20 prochaines années. C’est pour ça qu’il faut faire attention à l’argument que “c’est pas grave si on fait des déficits importants”. C’est nécessaire de faire des déficits importants pour aider nos entreprises et nos individus, mais il faut revenir vers l’équilibre budgétaire avec un plan crédible », a insisté le ministre Girard.

Il a aussi prévenu que certains secteurs de l’activité économique seront affectés par la crise pendant une plus longue période de temps : le commerce de détail, le tourisme, la restauration, l’hôtellerie et l’aviation.

Centre-ville de Montréal

Par ailleurs, M. Leblanc a annoncé qu’il présenterait bientôt au gouvernement Legault un plan de relance pour le centre-ville de Montréal.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Le centre-ville est et sera affecté par le manque de travailleurs dans les édifices à bureaux — 300 000 personnes travaillent dans ces tours — le manque d’étudiants dans les universités du centre-ville et le manque de touristes du Québec, du Canada et de l’étranger — 100 000 normalement, a précisé M. Leblanc.

Le ministre Girard s’est dit « prêt à regarder » ce futur plan, sans toutefois s’engager à l’avance à accorder des montants supplémentaires.