Alors qu’on attend vendredi un bilan très négatif du premier trimestre 2020 au Canada, quelques signes encourageants ici et ailleurs dans le monde indiquent que l’économie commence à se remettre du nouveau coronavirus.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

« C’est timide et encore modeste, mais encourageant », résume Francis Généreux, économiste principal de Desjardins, au sujet des plus récentes statistiques qui permettent d’espérer des jours meilleurs.

Ces premiers signes viennent des indices qui mesurent la confiance des consommateurs et des entreprises. Les consommateurs américains sont un peu plus optimistes qu’en avril, a indiqué mardi le Conference Board. L’indice de confiance des consommateurs américains a gagné un point en avril, pour s’établir à 86,6. C’est sa première hausse depuis deux mois.

Toujours aux États-Unis, les ventes de maisons neuves sont reparties à la hausse en avril, après avoir baissé de 13,7 % en mars.

En Europe, où le déconfinement de la population se poursuit, le moral des entreprises s’améliore. L’indice PMI (Purchasing Managers’ Index), qui teste l’humeur des directeurs d’achats, a remonté de 13,6 en avril à 30,5 en mai. L’indice doit atteindre 50 pour refléter une croissance des activités, mais sa remontée indique que le creux de la crise a été atteint.

L’Allemagne, principale économie d’Europe, rapporte pour sa part une amélioration du moral de ses entreprises et surtout de ses exportateurs. L’indice allemand IFO, qui traque le climat d’affaires, est passé de 74,2 à 79,5 et celui qui suit les attentes des entreprises exportatrices, qui est toujours en territoire négatif, s’est amélioré de - 50,2 à - 26,9.

Les niveaux de ces indices de confiance restent très bas par rapport à ce qu’ils étaient avant la crise, mais ça avait été les premiers à baisser.

Francis Généreux, économiste principal de Desjardins

Leur remontée peut donc être interprétée positivement, selon lui.

Les PME reprennent leurs activités

Au Canada, le retour progressif à la normale se poursuit avec la reprise des activités dans les PME. Selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, 38 % des petites entreprises canadiennes sont ouvertes, et cette proportion est de 43 % au Québec. Le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard sont les provinces où le retour à la normale est le plus avancé, avec 54 % des PME qui ont repris leurs activités. C’est en Ontario (34 %) et en Colombie-Britannique (36 %) que le niveau d’activité des petites entreprises reste le plus bas.

Les marchés boursiers sont confiants

PHOTO JOHANNES EISELE, AGENCE FRANCE-PRESSE

Réouverture de la Bourse de New York mardi.

La Bourse de New York a rouvert son parquet mardi aux courtiers après une fermeture de deux mois et son principal indice, le Dow Jones, a franchi en cours de séance le seuil des 25 000 points pour la première fois depuis le début du mois de mars.

La bonne tenue récente des marchés boursiers peut être considérée comme le début de la fin de la crise, estime Charles Martin, gestionnaire de portefeuille chez Gestion de patrimoine TD. « Si c’est le cas, les marchés auraient atteint leur creux le 23 mars et la crise actuelle aura été la moins mauvaise des trois dernières », précise-t-il.

Lors de la crise financière de 2008, le S&P 500 avait perdu 57 % de sa valeur, sa baisse avait été de 49 % lors de la récession de 2000 et cette année, la baisse a été de 34 %.

Ce scénario de reprise rapide après une chute rapide tiendra dans la mesure où il n’y a pas de résurgence du virus qui forcerait les gouvernements à refermer l’économie, précise Charles Martin. Dans ce scénario, les marchés boursiers pourraient rechuter lourdement, selon lui.

Le pétrole remonte

La réouverture de l’économie se traduit par une augmentation de la demande de pétrole. Le prix du brut s’est relevé, après une chute brutale en mars. Depuis un mois, le prix du brut de référence américain a presque triplé, passant de 13 $US à 34,35 $US le baril mardi.

La hausse du prix du pétrole est peut-être un signe précurseur de reprise économique, mais elle reflète surtout la réduction de la production des principaux pays exportateurs, surtout l’Arabie saoudite.

L’économie mondiale reprend vie, mais des secteurs comme le tourisme et le transport aérien sont encore paralysés, ce qui explique que les prix actuels du pétrole sont près de 50 % plus bas que ce qu’ils étaient au début de l’année, malgré la hausse récente.