Le boom de l’habitation est bel et bien fini au Québec comme au Canada.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Selon un scénario optimiste dévoilé ce midi par la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL), les mises en chantier dans la province vont chuter de 53 % en rythme annuel, les reventes de maisons et de condos existants diminueront de 15 % et les prix des maisons reculeront de 6 %.

Le creux sera atteint au troisième trimestre de cette année. Après, la situation s’améliorera lentement. Toutefois, aucun des trois indicateurs ne reviendra au niveau pré-COVID-19 avant le troisième trimestre 2022.

Ce scénario optimiste prévoit que l’économie se remette à croître avant la fin de l’année ; qu’un vaccin soit découvert d’ici 12 à 18 mois et que la seconde vague d’éclosion ne mène pas à un nouveau confinement prolongé.

Dans son scénario pessimiste, la SCHL prévoit une glissade des prix de la maison existante de l’ordre de 11 % au Québec et une baisse temporaire de 80 % dans le rythme annuel des mises en chantier.

Ailleurs au pays

L’agence fédérale a indiqué qu’elle tablait sur une baisse des prix d’entre 9 % et 18 %, et de jusqu’à 25 % dans les régions productrices de pétrole. Les prix devraient commencer à se redresser d’ici le milieu de 2021, a-t-elle calculé.

Cette baisse des prix des habitations s’accompagnera d’une « récession historique » cette année, alors que le choc économique de la pandémie de COVID-19, incluant le plongeon des prix du pétrole, frappe le marché immobilier.

Selon les prévisions de la SCHL, les ventes de maisons pourraient diminuer d’entre 19 % et 29 % par rapport à leurs niveaux d’avant la pandémie, avant de commencer à se redresser vers la fin de l’année.

La construction résidentielle sera également affectée et les mises en chantier devraient connaître une baisse de 50 % à 75 % cette année, par rapport aux niveaux antérieurs à la COVID-19, avant de commencer à rebondir l’année prochaine.

La SCHL a souligné que le niveau d’incertitude était élevé, et qu’une récession « plus grave et plus durable » pourrait aussi survenir si la pandémie n’était pas maîtrisée.

– Avec La Presse canadienne