(Washington) Les consommateurs américains ont retrouvé un peu d’optimisme en mai, et attendent désormais la réouverture des commerces réclamée par Donald Trump mais qui fait débat, entre partisans de la prudence et militants des libertés individuelles ou petites entreprises luttant pour leur survie.

Julie CHABANAS
Agence France-Presse

L’économie américaine semble avoir touché le fond en avril, et entame désormais sa lente reprise, comme le montrent plusieurs indices récemment publiés.

Ainsi, la confiance des consommateurs a repris un peu de poil de la bête ce mois-ci, après deux mois de chute. Il gagne près d’un point et s’établit à 86,6 points, selon l’indice du Conference Board publié mardi.

Les consommateurs jugent la situation actuelle moins bonne qu’en avril, mais ont plus confiance en l’avenir.

« La réouverture progressive de l’économie (a) contribué à améliorer le moral des consommateurs », mais ils « restent préoccupés par leurs perspectives financières », a commenté Lynn Franco, directrice des indicateurs économiques du Conference Board.

« Le chemin irrégulier vers la reprise et une potentielle deuxième vague (de contaminations) devraient maintenir un nuage d’incertitude », a-t-elle ajouté.

Pour le conseiller économique de la Maison-Blanche, Larry Kudlow, les gens « se rendent compte que c’est temporaire et anticipent un retour au travail et la réouverture des entreprises », a-t-il dit à des journalistes en marge d’une interview télévisée.

Il anticipe une « croissance énorme » au troisième trimestre, et, sur l’ensemble du second semestre de l’année, un « énorme rebond […] qui va déborder en 2021 ».

L’économie redémarre progressivement aux États-Unis, où ce sont désormais les gouverneurs des 50 États qui composent le pays qui sont désormais à la manœuvre. Certains, comme au Texas ou en Géorgie, ont ainsi permis aux entreprises de commencer à reprendre une activité, souvent réduite.

Le président américain Donald Trump les presse d’autoriser de nouveaux commerces et restaurants, mais aussi lieux de culte, à ouvrir. Celui-ci a en effet hâte de retrouver une économie américaine florissante, à moins de six mois de l’élection présidentielle à laquelle il est candidat.

Rebond à court terme du logement

Par ailleurs, les ventes de maisons neuves, qui avaient chuté en mars devant l’avancée de la pandémie dans le pays, sont reparties en légère hausse en avril, malgré les mesures de confinement qui étaient alors en vigueur dans le pays.

Le bâtiment avait en effet été classé parmi les activités autorisées, et 623 000 maisons neuves ont été vendues aux États-Unis, contre 619 000 en mars, selon les données du département du Commerce également publiées mardi.

Cela reste toutefois inférieur de 6 % au niveau des ventes d’avril 2019.

« Le logement pourrait connaître un rebond à court terme, reflétant une demande refoulée avant l’épidémie de virus », selon Rubeela Farooqi, économiste pour HFE, mais le chômage, s’il reste élevé, « pourra avoir un impact sur la capacité des ménages à acheter des maisons ».

La réouverture de l’économie a également permis à l’activité manufacturière de la région de Philadelphie, un des plus grands centres industriels du pays, de connaître une légère amélioration en mai, après le plus faible mois d’avril en 40 ans, selon l’indice de la Réserve fédérale qui avait été publié jeudi.

La pandémie a détruit en quelques semaines les emplois que la première économie du monde avait mis dix années à créer.

Les nouveaux chômeurs sont toutefois un peu moins nombreux chaque semaine, depuis le record historique de 6,8 millions de nouvelles demandes au cours de la dernière semaine de mars.

Mais le niveau reste exceptionnellement élevé, plus de 10 fois supérieur à celui d’avant la pandémie, et le pays indemnise plus de chômeurs que jamais, soit plus de 25 millions de personnes.

La question est également de savoir si l’économie aura besoin d’un coup de pouce financier supplémentaire.

L’administration Trump et le Congrès ont débloqué, depuis le mois de mars, 2900 milliards de dollars pour permettre aux ménages et aux entreprises de garder la tête hors de l’eau pendant cette crise inédite.