(Washington) Le secrétaire américain au Trésor a mis en garde mardi les entreprises qui tenteraient de profiter indûment des milliards de dollars d’aide aux PME qu’elles en « subiront les conséquences », au moment où une deuxième tranche de 320 milliards de dollars est en route.

Agence France-Presse

Steven Mnuchin, qui s’exprimait lors du point de presse quotidien de Donald Trump consacré à la pandémie, réagissait aux récentes révélations que des grandes entreprises – qui ne devaient pas avoir accès au plan d’aide à l’emploi dans les PME lancé mi-avril – avaient bénéficié d’une partie de la première tranche de 349 milliards de dollars.

Pour l’instant, a dit M. Mnuchin, « nous donnons le bénéfice du doute aux entreprises » et de les encourager à rembourser.

Mais il a expliqué qu’une fois les conditions dans lesquelles une entreprise peut toucher l’argent seront précisées, tout abus pourrait avoir des conséquences.

Shake Shack, une chaîne de restaurants de burgers haut de gamme, a annoncé dimanche qu’elle rendait les 10 millions de dollars qui lui avaient été prêtés dans le cadre de ce plan.

« Je suis très heureux que Shake Shack ait rendu l’argent », a souligné M. Mnuchin, ajoutant que dans l’ensemble ce sont quand même les entreprises ciblées qui ont profité de la manne publique.

« Nous avons plus d’un million d’entreprises qui ont reçu de l’argent et qui ont moins de 10 employés et donc il y a véritablement une participation très large de très petites entreprises », a insisté le grand argentier.  

Mais mardi, le président semblait plus choqué par le fait que Harvard, l’une des universités les plus prestigieuses et les plus chères des États-Unis, dotée d’un fonds de 40 milliards de dollars, ait également été aidée.

« Harvard va rendre l’argent […] Ils vont rendre cet argent », a-t-il lancé.

Le Sénat américain a adopté mardi à l’unanimité un nouveau plan de près de 500 milliards de dollars dont 320 milliards de plus pour les PME durement frappées par la crise liée à la COVID-19.  

Ces fonds seront déboursés sous forme de prêts aux entreprises de moins de 500 employés.  

Le plan devra être soumis à un vote final à la Chambre des représentants plus tard cette semaine avant d’être promulgué par le président américain.  

Ces 320 milliards viendront s’ajouter à 349 milliards déjà dépensés.

Les prêts sont octroyés aux PME par des banques, mais l’État fédéral les garantit, en s’engageant à annuler la dette si l’entreprise bénéficiaire garde ses employés ou réembauche ceux qui ont été licenciés d’ici au 30 juin.