(Washington) Donald Trump a annoncé vendredi un nouveau programme d’aide massive pour les agriculteurs américains – un réservoir de fidèles électeurs – qui sont durement touchés par l’impact de l’épidémie de COVID-19 sur la première économie du monde.

Christophe VOGT
Agence France-Presse

Le locataire de la Maison-Blanche, qui vise un second mandat en novembre, a profité de son point de presse quotidien sur la lutte contre les ravages du nouveau coronavirus pour annoncer que 19 milliards de dollars d’aide directe et indirecte étaient en route vers les campagnes du pays.

« Nous allons mettre en œuvre un programme d’aide de 19 milliards de dollars pour nos merveilleux agriculteurs et éleveurs qui doivent faire face aux répercussions de la pandémie mondiale », a lancé le président, lors de sa conférence de presse quotidienne consacrée à la lutte contre l’épidémie.

Le secrétaire à l’Agriculture Sonny Perdue, a précisé que 16 milliards de dollars iront directement aux agriculteurs et les trois milliards restant serviront à acheter des produits alimentaires frais pour les plus démunis.

Les agriculteurs restent l’un des piliers de la base électorale de M. Trump.

19 milliards + 28 milliards

Paradoxalement, le milliardaire a plongé une partie de l’agriculture américaine dans la crise en déclenchant une guerre commerciale coûteuse avec la Chine, Pékin ayant riposté en ciblant précisément ces soutiens fidèles du président et en frappant leurs produits de lourdes taxes à l’importation.

Mais M. Trump a au total fait verser 28 milliards de dollars de dédommagements aux agriculteurs pour compenser le manque à gagner provoqué par la perte du marché chinois.

L’ensemble du secteur agroalimentaire souffre aussi énormément des répercussions de l’épidémie de COVID-19 qui frappe durement le pays, où une majorité de la population est soumise à des mesures de confinement et où une bonne partie de tous les métiers de bouche – restaurants, cafés, traiteurs traditionnellement grands consommateurs de produits agricoles – ont été forcés soit de s’en tenir à des livraisons ou à baisser le rideau.

Ainsi, le département de l’Agriculture va travailler avec les distributeurs locaux et régionaux, dont la clientèle de restaurants et d’hôtels s’est évanouie du jour au lendemain, pour acheter les trois milliards de dollars de produits frais.

Le département prévoit d’acheter pour 100 millions de dollars par mois de fruits et légumes frais, pour 100 millions de produits laitiers et 100 millions de viandes.

Les distributeurs et grossistes remettront ensuite des « paquets préapprouvés » de ces produits aux organismes servant « les Américains les plus démunis ».

Les agriculteurs n’ont pas cessé de travailler depuis le début de la crise, mais la demande habituelle n’est plus forcément au rendez-vous.

« Fermés, les écoles, les universités, les restaurants, les bars et les cantines n’achètent plus de lait, de viande, de fruits, de légumes et d’autres aliments, entraînant les prix des céréales et du bétail dans une spirale infernale », rappelle le principal syndicat agricole du pays, le Farm Bureau.  

Côté logistique, les circuits de distribution destinés à la restauration collective ne sont pas les mêmes que ceux de la distribution aux particuliers, avec par exemple des contenants différents, et les ajuster ne se fait pas aisément.

Autre secteur durement affecté : les éleveurs de bœufs.

Les prix des bovins vivants cotés à Chicago étaient en chute de plus de 25 % vendredi par rapport à la mi-janvier. Mais les prix des steaks ont augmenté dans les magasins.

Les céréaliers, qui se préparent à la saison des semis, ne sont pas épargnés alors même qu’ils espéraient enfin profiter d’une accalmie sur le front commercial après un accord signé mi-janvier entre la Chine et les États-Unis.