L’hypothèse de travail avec laquelle les gestionnaires de Fiera Capital travaillent pour un retour à un environnement économique normal et à un sentiment positif sur les marchés dépend de l’approbation d’un nouveau vaccin – ou d’un traitement pour enrayer le coronavirus – ou de la découverte qu’un médicament existant est efficace.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

« Si c’est un nouveau vaccin ou traitement, ça prendra 12 à 18 mois [pour un retour à la normale] », explique Jean-Guy Desjardins, président du conseil et chef de la direction de Fiera, dans une conférence téléphonique organisée jeudi en marge de la présentation des résultats de fin d’exercice du gestionnaire d’actifs montréalais.

« Si on découvre un traitement déjà existant, ça [un retour à la normale] pourrait être le mois prochain, dans deux mois ou dans quatre mois, donc à court terme. »

De la manière dont les choses évoluent, le scénario le plus probable aux yeux de Jean-Guy Desjardins est qu’il n’y aura pas de « solution permanente » au virus avant le milieu de l’an prochain. Il s’attend aussi à ce que les mois d’avril, mai et juin forment le pire trimestre de la crise.

« Nous allons toucher durant le deuxième trimestre un sommet à l’échelle mondiale, et en particulier aux États-Unis. Après coup, nous observerons dans les statistiques une diminution de la croissance du nombre de gens qui contractent le virus », croit-il.

« Ça devrait apporter un niveau de confiance indiquant que nous reprenons le contrôle sur cette maladie et ses impacts potentiels. »

Certaines mesures visant à endiguer la propagation du virus pourront alors être levées, pense-t-il. « J’aimerais vous dire que les enfants pourront retourner à l’école, mais ça sera l’été », poursuit Jean-Guy Desjardins.

Il ajoute que selon le scénario plus optimiste où un traitement déjà existant est identifié, la situation se résorberait beaucoup plus vite, ce qui provoquerait une « forte reprise économique » dans la seconde moitié de l’année.

Toute crise est une opportunité. Il ne faut jamais oublier ça. Même si cette crise dure 18 mois, c’est une grande opportunité d’un point de vue des affaires.

Jean-Guy Desjardins, président du conseil et chef de la direction de Fiera

Jean-Guy Desjardins affirme que compte tenu de l’ampleur de l’aide annoncée, notamment par les banques centrales, une « période prolongée de croissance économique » suivra la crise du coronavirus. « Les opportunités à saisir pour les entreprises qui survivront seront significatives », dit le financier.

Fiera Capital, dont l’actif sous gestion frôlait la barre des 170 milliards en début d’année, a par ailleurs dévoilé une performance financière de fin d’exercice relativement conforme aux attentes des analystes. Surtout, le dividende est maintenu et la direction a tenté de rassurer les investisseurs entourant le dividende durant la conférence téléphonique.

L’action de Fiera a ainsi rebondi de 11 % jeudi à 5,68 $ à Toronto, ce qui ramène le rendement du dividende à 15 %, un niveau encore très attrayant. Le titre est en baisse de plus de 50 % depuis la fin janvier.

Dans le cadre de ce qu’elle appelle une transition vers une nouvelle phase de son plan stratégique, Fiera remanie sa haute direction. Jean-Philippe Lemay, qui supervisait les activités canadiennes, est nommé président et chef de l’exploitation globale en remplacement de Vincent Duhamel. Ce dernier occupe désormais le rôle de vice-président du conseil.

« C’est une surprise compte tenu que Vincent Duhamel a seulement occupé le poste pendant environ deux ans et demi », commente l’analyste Graham Ryding, de la TD.