Le deuxième budget du ministre des Finances, Eric Girard, inclura d’autres mesures pour contribuer à résoudre les problèmes de recrutement et de rétention de la main-d’œuvre, alors que le chômage au Québec affiche un creux historique.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

À la mi-février, l’Institut de la statistique du Québec indiquait que la croissance de l’emploi au Québec était telle que le taux de chômage en 2019 avait été le plus bas depuis que ces données sont compilées, soit depuis 1976. Le taux de chômage s’y est établi à 5,1 % et 77 700 emplois ont été ajoutés par rapport à l’année précédente.

Interviewé lundi à Montréal, à la veille de la présentation du budget, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a confirmé qu’il faut s’attendre dans le budget à des mesures supplémentaires pour faire face aux défis en matière d’emploi.

« Il y aura certainement des mesures nouvelles, des mesures bonifiées pour les bassins de main-d’œuvre sous-représentés », a confirmé le ministre Boulet.

Depuis qu’il est arrivé en poste, le ministre a annoncé de nombreuses mesures pour faciliter l’embauche au sein des groupes sous-représentés : travailleurs expérimentés, immigrants, personnes judiciarisées, travailleurs étrangers temporaires, personnes handicapées, bénéficiaires de la sécurité du revenu.

Et les femmes aussi sont considérées comme sous-représentées dans certains secteurs d’activité, comme la construction, le camionnage et l’aéronautique.

Le ministère du Travail a déjà pris tout un virage à cause du changement de paradigme. « Les personnes qui étaient habituées à accompagner des chercheurs d’emploi accompagnent maintenant des chercheurs d’employés. Le rapport de forces n’est plus le même. Avant, les employeurs dictaient, contrôlaient ; aujourd’hui, il faut s’adapter à une nouvelle réalité », a expliqué le ministre Boulet, à l’occasion d’une conférence qu’il prononçait devant les partenaires de l’industrie aéronautique.

Par exemple, il existe déjà des crédits d’impôt de prolongation de carrière qui sont destinés aux travailleurs de 60 ans et plus et de 65 ans et plus. Il existe aussi des crédits d’impôt remboursables pour les petites et moyennes entreprises qui embauchent ou maintiennent en emploi des travailleurs âgés de 60 ans et plus et de 65 ans et plus.

« Si on avait le même taux d’emploi chez les 60-69 ans qu’en Ontario, on aurait 73 500 travailleurs de plus dans le marché du travail. Donc, il y a vraiment un effort à faire » de ce côté, a souligné le ministre Boulet.

Il s’agit là d’une des clientèles ciblées. « Il y aura des choses qui sont hors budget qui vont éventuellement être annoncées pour permettre une meilleure intégration de ces bassins de main-d’œuvre-là. Tous les bassins de main-d’œuvre sont essentiels dans le contexte aigu de rareté de main-d’œuvre que nous connaissons », a-t-il conclu.