(Washington) La prévision de croissance mondiale va être revue à la baisse en raison du nouveau coronavirus, a prévenu mardi le président de la Banque mondiale, pointant en particulier l’impact de l’épidémie sur les chaînes d’approvisionnement.

Agence France-Presse

« La projection (de croissance de l’économie mondiale) va être abaissée au moins pour la première moitié de 2020, en partie en raison de la (croissance de la) Chine (affectée par le virus), en partie en raison des chaînes d’approvisionnement », a déclaré David Malpass, au cours d’une conversation avec l’ancienne présidente de la Banque centrale américaine, Janet Yellen, animée par le centre de réflexion, Bipartisan Policy Center.

L’institution de Washington avait annoncé début janvier qu’elle s’attendait à un rebond de la croissance mondiale en 2020, tablant sur 2,5 % après 2,4 % l’an passé.

M. Malpass a notamment relevé qu’une partie des biens chinois étaient acheminés par les avions commerciaux transportant des passagers.

Or de nombreuses compagnies du monde ont suspendu leurs vols à destination et en provenance de la Chine.

De son côté, Janet Yellen s’attend « à un effet important » sur la croissance chinoise au moins au cours du premier trimestre voire du second.

« Et la Chine représente une part importante de l’économie mondiale, ce qui devrait avoir un effet de contagion » sur d’autres pays, a-t-elle ajouté, ce qui va alimenter une forte incertitude.  

De manière plus positive, elle a souligné que les épisodes passés de pandémie ont montré que les effets étaient importants à court terme sur l’économie. « À long terme, il semble y avoir un effet relativement petit », a-t-elle commenté.

David Malpass a en outre fait valoir que la science avait progressé. « Cette fois-ci, ils (les Chinois) ont rapidement mis à disposition (des experts) la souche du virus de façon à ce qu’on puisse décoder son génome », a-t-il également argué.

« Nous avons donc l’espoir que la réponse scientifique va raccourcir le cycle de vie du virus », a-t-il également commenté.

La Banque mondiale avait exhorté lundi tous les pays à « renforcer leur surveillance sanitaire et les réponses données » à l’épidémie de nouveau coronavirus chinois pour contenir sa propagation.

Elle examine entre outre les ressources financières et techniques mobilisables rapidement.

Avec 427 morts dans le monde, le bilan du nouveau coronavirus dépasse celui du SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère) qui en 2002-2003 avait tué 349 personnes.

Le virus a contaminé plus de 20 000 personnes et la peur de la propagation paralyse la Chine, avec des répercussions sur l’économie mondiale qui restent difficiles à chiffrer.

La Banque mondiale évalue actuellement les « conséquences économiques et sociales », et précise soutenir « les efforts déployés par la Chine pour y répondre, y compris ceux destinés à permettre à son économie de rebondir ».

L’institution s’est enfin dit « prête à soutenir tous ses pays membres, en particulier les plus pauvres et les plus vulnérables, afin d’aider à gérer les conséquences futures de cette crise sur leurs populations ».