(Washington) Date ? 15 janvier 2020. Lieu ? La Maison-Blanche. Le président américain Donald Trump a annoncé mardi la signature prochaine de l’accord commercial partiel conclu avec la Chine après des mois d’affrontement à coups de droits de douane punitifs.

Jerome CARTILLIER
Agence France-Presse

Si le texte suscite des interrogations sur les concessions réellement accordées par Pékin, cette annonce permet au milliardaire républicain d’achever l’année 2019 sur une note positive et de démontrer, à un an de la prochaine présidentielle, que le bras de fer engagé avec la Chine fait bouger les lignes.

« Je signerai notre très grand accord commercial de phase 1 avec la Chine le 15 janvier », a tweeté M. Trump, qui avait promis avec fougue en 2016 sur les estrades de campagne de s’attaquer aux pratiques commerciales « déloyales » de la deuxième puissance économique mondiale.

La cérémonie aura lieu en présence de hauts responsables chinois, a indiqué, sans autres précisions, le locataire de la Maison-Blanche, actuellement en vacances dans son club de Mar-a-Lago en Floride.

Il a par ailleurs indiqué qu’il se rendrait « à une date ultérieure » à Pékin où commenceront les discussions pour la « phase 2 » de cet accord.

L’annonce d’une date ferme de signature était très attendue tant les discussions des derniers mois, souvent tendues, ont donné lieu à des informations contradictoires.  

Les yeux tournés vers sa base électorale, en particulier les agriculteurs frappés de plein de fouet par les mesures de représailles chinoises, Donald Trump est parfois allé un peu vite dans ses annonces, superlatifs à l’appui (accord « fantastique », « gigantesque »).

Le 11 octobre, il avait déjà annoncé un accord de principe avec Pékin portant essentiellement sur des achats supplémentaires agricoles, mais la signature, qui devait intervenir mi-novembre, ne s’était jamais concrétisée.

Flot « terrifiant » de contrefaçons

Depuis mars 2018, Pékin et Washington se sont infligé des droits de douane réciproques sur des centaines de milliards de dollars de biens, ce qui affecte durement l’économie chinoise et ralentit l’économie mondiale.

Selon Washington, l’accord comprend des avancées en matière de transfert forcé des technologies ainsi qu’un meilleur accès au marché chinois pour les entreprises du secteur financier. Il stipule aussi que Pékin achètera pour 200 milliards de dollars de produits américains sur une période de deux ans à partir d’un point de référence en 2017.

En échange des engagements chinois pris mi-décembre, l’administration Trump a renoncé à imposer de nouveaux tarifs douaniers. Et selon les termes de l’accord, elle a en outre accepté de diminuer de moitié ceux imposés le 1er septembre sur 120 milliards de dollars d’importations chinoises.

En 2018, le déficit américain avec la Chine pour les seuls biens était de 419,5 milliards de dollars. Sous l’effet des droits de douane, il a fortement diminué en 2019 : -14,7 % entre janvier et octobre, selon les données du département du Commerce américain.

Interrogé mardi sur CNBC, Peter Navarro, principal conseiller commercial de Donald Trump, a affirmé que l’un de ses chantiers prioritaires pour 2020 serait de travailler avec les grands groupes de commerce en ligne pour en expurger les produits contrefaits en Chine.

« Le flot (de ces contrefaçons) venu de Chine est terrifiant », a-t-il souligné. « Cela ne nous coûte pas seulement des emplois, mais on trompe également le consommateur », a-t-il ajouté, expliquant que ce serait une partie importante des négociations à venir avec Pékin pour les phases 2 et 3.

Au-delà du bras de fer commercial, les relations entre Washington et Pékin sont marquées par de nombreuses sources de tensions.

Il y a dix jours, lors d’un échange téléphonique avec son homologue américain, le président chinois Xi Jinping a souligné que les commentaires et initiatives américaines concernant Taïwan, Hong Kong, ou encore le Xinjiang avaient « porté atteinte aux intérêts de la Chine, au détriment de la confiance mutuelle et de la coopération bilatérale ».