La croissance économique au Québec s’est encore accélérée au-delà des attentes durant le 3ème trimestre terminé en septembre, constatent les économistes du Mouvement Desjardins et de la Banque Nationale à partir du bilan trimestriel publié jeudi par l’Institut de la statistique du Québec.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Selon ces données, le PIB réel de l’économie québécoise a progressé de 3,6% en rythme annualisé au 3ème trimestre, soit «une cadence plus rapide que celle de 2,9% mesurée au 2ème trimestre et celle de 3% mesurée lors du 1er trimestre».

Aussi, cette croissance au Québec a encore «dépassé largement celle du Canada, qui a connu une croissance économique de 1,3% au troisième trimestre», constatent les économistes de Desjardins.

«Décidément, l’économie du Québec continue à se démarquer positivement dans un contexte où la plupart des pays industrialisés enregistrent un ralentissement de la croissance. Ce tempo plus rapide au Québec, qui s’appuie sur un bilan solide de toutes les composantes du PIB, reflète un parcours sans faute au 3ème trimestre», souligne Hélène Bégin, économiste principale chez Desjardins.

«L’économie québécoise a fait flèche de tout bois au 3ème trimestre», indique pour sa part Marc Pinsonneault, économiste principal à la Banque Nationale.

«Au vu de cette performance de l’économie québécoise, qui est bien supérieure à la croissance du PIB potentiel, nous révisons la croissance prévue pour toute l’année 2019 de 2,6% à 2,9%», ajoute-il.

Chez Desjardins, Hélène Bégin s’attend aussi à un rehaussement «à près de 3%» du taux de croissance de l’économie québécoise pour toute l’année 2019.

«L’essor de l’économie du Québec repose sur de nombreux facteurs qui prolongent sa période de résilience. Un rythme (de croissance) moins rapide est attendu à compter de l’an prochain, mais les signes de ralentissement tardent à se manifester», selon Mme Bégin.

Entre temps, parmi les principaux points forts de l’économie québécoise au 3è trimestre, elle note :

- la progression des revenus après impôts des ménages s’est accélérée avec une variation annualisée d’environ 6%... pendant que leur taux d’épargne a grimpé à 9,1%, un sommet depuis 1995

- les investissements des entreprises ont affiché une hausse annualisée de 4,5%, ce qui constituait un troisième gain trimestriel consécutif

- les investissements dans le secteur résidentiel ont cru au rythme annualisé de 5,3% au 3ème trimestre. La construction neuve, les dépenses de rénovation et les dépenses relatives aux ventes de propriétés ont participé à la hausse

- les dépenses publiques ont augmenté rapidement au rythme annualisé de 5,2% au 3ème trimestre

En contrepartie à peine négative dans ce contexte, l’économiste Hélène Bégin signale que «les dépenses de consommation des ménages québécois ont continué à ralentir, passant d’un rythme de croissance annualisé de 2,2% au 2ème trimestre à 1,5 % au 3ème trimestre.»