(Washington) La Réserve fédérale américaine (Fed) conclut mercredi une réunion monétaire à l’issue de laquelle elle devrait laisser les taux d’intérêt inchangés, observant une pause après trois baisses consécutives cette année.

Virginie MONTET
Agence France-Presse

À plus de 99 %, les acteurs sur les marchés s’attendent à ce que la Fed adopte un statu quo et laisse son taux au jour le jour entre 1,50 % et 1,75 %, selon l’évaluation des produits à terme de CME Group.

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, doit tenir une conférence de presse à 14 h 30 peu après la publication du traditionnel communiqué. Le Comité monétaire va aussi divulguer de nouvelles prévisions de croissance, d’inflation et du taux de chômage.

Le patron de la Fed a plusieurs fois indiqué depuis la dernière baisse intervenue le 30 octobre que les taux étaient désormais « au bon niveau » compte tenu des tensions commerciales et de la faiblesse de la croissance mondiale.

L’économie des États-Unis est dans sa 11e année de croissance relativement soutenue par rapport à la performance des autres pays industrialisés avec un PIB en expansion de 2,1 % au 3e trimestre en rythme annuel.

Le marché du Travail a encore surpris les analystes par sa vitalité en novembre, avec la création de 266 000 emplois et un taux de chômage à nouveau au plus bas depuis un demi-siècle à 3,5 %.

Vent d’optimisme sur le commerce

En outre, un vent d’optimisme semble souffler sur le conflit commercial entre la Chine et les États-Unis, les deux pays préparant le terrain, affirme mardi le Wall Street Journal, pour reporter une nouvelle salve de tarifs douaniers que Washington entendait infliger sur des milliards de dollars de marchandises chinoises, le 15 décembre.

Les nouvelles sont bonnes aussi du côté du nouveau traité commercial qui lie les États-Unis, le Mexique et le Canada.

L’accord de libre-échange entre Washington, Mexico et Ottawa (AEUMC) a été bouclé mardi.  

Il modernise le traité de l’ALENA signé par Bill Clinton il y a 25 ans et qui a intimement lié les trois économies entre elles. Négocié il y a un an, il a encore été retouché, les élus démocrates et syndicats américains réclamant des garanties sur le respect de normes du travail pour atténuer les distorsions de concurrence résultant des différences de coûts de fabrication mexicains et américains.  

« Voilà le type d’accord commercial que les États-Unis mettront en avant dorénavant », s’est félicité mardi le représentant américain au Commerce (USTR) Robert Lighthizer.

Ce tableau positif devrait permettre à la Fed « de rester tranquillement en retrait en 2020 ou au moins pendant le début de cette année », a commenté Diane Swonk, économiste en chef pour Grant Thornton.

Alors que les craintes d’une récession se sont dissipées, la Fed semble avoir réussi un atterrissage en douceur.

M. Powell a prévenu que les pleins effets des trois baisses de taux d’un total de trois quarts de point de base (0,75 %) « se feront sentir sur la durée ». Elles rendent les emprunts moins chers et favorisent investissements et consommation.  

Mais il a signalé que ces baisses « aidaient déjà le moral des consommateurs et des entreprises » ce qui se voit, selon lui, dans l’immobilier et les dépenses de biens durables.

La consommation aux États-Unis est la locomotive de la croissance, pesant 70 % de l’économie.

Pour sa part, Donald Trump continue, mais un peu moins souvent, de réclamer via Twitter davantage de baisses des taux, voire des taux négatifs comme en zone euro ou au Japon, où la croissance est néanmoins beaucoup plus faible qu’aux États-Unis.