(Ottawa) L’économie canadienne demeure résiliente malgré les incertitudes mondiales causées par la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, a affirmé jeudi un sous-gouverneur de la Banque du Canada.

Craig Wong
La Presse canadienne

Dans un discours prononcé devant la Chambre de commerce d’Ottawa, Timothy Lane a affirmé que l’inflation au Canada restait conforme à la cible de la banque centrale et que la vigueur du marché de l’emploi témoignait de l’existence de sources de croissance.

« C’est ce qui nous fait dire que le Canada a fait preuve de résilience, bien qu’il ne soit pas à l’abri des turbulences », a affirmé M. Lane dans le texte préparé de son discours.

La Banque du Canada a maintenu mercredi son taux d’intérêt directeur à 1,75 %, où il se trouve depuis octobre 2018.

En prenant sa décision sur les taux, la banque a indiqué que les inquiétudes face à la récession mondiale s’atténuaient, mais que les conflits commerciaux en cours et les incertitudes qui en découlent pèsent encore sur l’activité économique mondiale et restent la principale source de risque pour ses perspectives. La Réserve fédérale des États-Unis a réduit son taux trois fois cette année.

Toutefois, M. Lane a estimé que la Banque du Canada n’avait aucune raison de s’aligner sur la banque centrale américaine.

« Au contraire, on a observé ces 10 dernières années que le Canada et les États-Unis ont suivi des chemins différents, en fonction de leur propre situation économique », a-t-il précisé.

M. Lane estime que la résilience de l’économie canadienne a permis à la banque centrale de tracer sa propre voie.

En rendant sa décision sur les taux en octobre, la Banque du Canada a expliqué qu’elle avait envisagé la possibilité de réduire son objectif de taux directeur afin de lutter contre le ralentissement économique, avant de finalement décider que cela n’en valait pas le coût.

La banque n’a pas rouvert cette discussion lors de sa décision la plus récente, a indiqué M. Lane.

« Nous avions déjà eu cette conversation, alors nous étions plus intéressés à déterminer si des changements importants avaient eu lieu et notre évaluation concluait que les perspectives restaient sur la bonne voie, alors nous n’avons pas vraiment rouvert cette question », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse.

Brian DePratto, économiste principal à la Banque TD, a noté que la Banque du Canada semblait vouloir éviter de réduire les taux à moins d’en avoir absolument besoin.

« Il est difficile d’imaginer un moyen de communiquer cela plus clairement que dans un discours centré en grande partie sur la différence entre le Canada et ses homologues internationaux dans le passé », a écrit M. DePratto dans un rapport.

« La banque reste claire par rapport aux baromètres qu’elle surveillera pour évaluer la résilience de l’économie canadienne : les dépenses de consommation et l’activité du marché du logement restent au premier plan. »

La Banque du Canada a expliqué mercredi que, même si la menace d’une récession mondiale s’amenuisait, les conflits commerciaux en cours et l’incertitude qu’ils engendraient pesaient sur l’économie mondiale et constituaient toujours un risque important.

L’économie canadienne a ralenti, au troisième trimestre, pour croître au rythme annualisé de 1,3 %, ce qui était conforme aux prévisions de la Banque du Canada dans son rapport sur la politique monétaire d’octobre. L’inflation reste proche de l’objectif de 2,0 % préconisé par la banque centrale.

« Dans l’ensemble, le ton des évolutions ces dernières semaines renforce notre confiance à l’égard des perspectives de croissance et d’inflation que nous avons formulées en octobre », a affirmé M. Lane.

La banque centrale a noté que les dépenses d’investissement des entreprises au Canada, qui ont augmenté de 2,6 % au troisième trimestre, ont été plus fortes que prévu.

« Les investissements des entreprises nous ont surpris : ils ont affiché une forte croissance alors qu’on attendait une baisse durant la deuxième moitié de l’année. De plus, les données, révisées à la hausse, révèlent que les investissements effectués plus tôt cette année ont été plus élevés qu’annoncé précédemment » a-t-il poursuivi.