Après l’annonce de la fermeture de la biscuiterie Dare et plus récemment de la quincaillerie Rona, Saint-Lambert semble vouloir se concentrer sur les projets domiciliaires.

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

« La richesse de Saint-Lambert, ce n’est pas notre parc industriel, on n’en a pas, a déclaré le maire Pierre Brodeur au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse. Saint-Lambert est une ville résidentielle. » 

La ville qui compte plus de 21 000 habitants perdra en 2020 deux entreprises dans le même secteur. Rappelons que cette semaine, Lowe’s Canada a annoncé la fermeture de 12 magasins Rona au Québec, dont celui de Saint-Lambert, sur la Rive-Sud de Montréal. Plus tôt cette année, en janvier, Dare a également décidé de mettre fin aux activités de son usine de biscuits en 2020, touchant ainsi 275 employés. Celle-ci est située dans la rue Saint-Charles, non loin de la quincaillerie Rona.

Si le maire a été avare de détails sur le type de projet qui pourrait voir le jour sur ces emplacements commerciaux, tout porte à croire qu’il ne souhaite pas se lancer dans le développement industriel, mais qu’il penche plutôt vers le domiciliaire. « Cette première fermeture de Dare et la fermeture de Rona font en sorte que Saint-Lambert est une ville résidentielle, souligne Pierre Brodeur. Avec l’emplacement de Dare et de Rona qui sont près du parc L’Espérance, un parc où on a investi plusieurs millions, c’est un milieu de vie formidable pour des jeunes familles et des personnes retraitées. »

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Le maire assure que son administration travaille actuellement à l’élaboration de projets de remplacement pour Dare et pour Rona, dont le terrain a une superficie de 250 000 pieds carrés.

« On est dans un quartier résidentiel, poursuit-il en faisant référence à l’endroit où sont situés le magasin Rona et l’usine de Dare. Vous savez quand les camions, les semi-remorques arrivent… C’est tout ça qui nous amène à avoir cette réflexion-là : est-ce que c’est encore de mise d’avoir des semi-remorques dans un quartier résidentiel, qui passent près d’une école ? Il faut en prendre conscience. »

Le maire assure que son administration travaille actuellement à l’élaboration de projets de remplacement pour Dare et pour Rona, dont le terrain a une superficie de 250 000 pieds carrés. 

C’est bien évident que quand il y a des fermetures comme ça qui font les manchettes sur le plan national, vous avez des promoteurs qui démontrent un intérêt. Il y a des gens qui regardent Saint-Lambert et qui ont des projets. On travaille avec ces gens-là pour avoir une vision pour les 50 prochaines années.

Pierre Brodeur, maire de Saint-Lambert

Les clients qui avaient l’habitude de se ravitailler dans la cour à bois du Rona de Saint-Lambert « seront servis par le Rona de Longueuil et celui de Carignan, ils ont chacun des cours à bois de 100 000 pieds carrés », dit Valérie Gonzalo, porte-parole de Lowe’s Canada.

Du côté de la Corporation de développement économique de Saint-Lambert, le président, Vincent Trudel, se dit « préoccupé » par ces deux fermetures. M. Trudel estime qu’il faudrait dresser le bilan commercial des deux entreprises qui fermeront.

Prêt à « accompagner » la Ville dans ses projets, il insiste sur l’importance de prendre son temps. « Est-ce que c’est le côté résidentiel, industriel, commercial qui doit être privilégié ? Cette réflexion n’a pas été faite, répond-il. Quelles sont les pistes les plus intéressantes actuellement ? Je pense qu’il ne faut pas se précipiter. Vous répondre clairement aujourd’hui sur ce qui serait préférable, je ne suis pas en mesure de le faire, indique-t-il. Ça serait prématuré et présomptueux de ma part. »
– Avec la collaboration de Marie-Eve Fournier, La Presse