(Ottawa) La vice-première ministre canadienne, Chrystia Freeland, était de retour à Washington mercredi pour de nouvelles négociations commerciales nord-américaines, à l’approche d’un autre échéancier.

Mike Blanchfield
La Presse canadienne

Des représentants des trois pays signataires de l’entente conclue il y a un an ont discuté afin d’accélérer la ratification du nouvel Accord Canada – États-Unis – Mexique (ACEUM) avant le long congé de l’Action de grâces aux États-Unis.

Chrystia Freeland a rencontré Robert Lighthizer, représentant américain au Commerce, et Jesus Seade, sous-secrétaire du Mexique pour l’Amérique du Nord, dans une réunion qui aura duré environ une heure.

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Jesus Seade

« On a eu une bonne réunion aujourd’hui, du bon travail a été fait », a commenté la vice-première ministre à sa sortie du huis clos.

Mme Freeland affirme qu’elle va demeurer en communication avec ses partenaires de négociation au cours des prochains jours, mais elle a laissé entendre qu’aucune discussion n’était prévue jeudi alors que les Américains vont célébrer leur Action de grâce.

La ministre a refusé de confirmer si elle allait recevoir Jesus Seade à Ottawa vendredi, bien que ce dernier eut déjà annoncé sa venue.

La vice-première ministre Freeland, qui est demeurée responsable de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), avait amorcé la journée mercredi dans la région d’Ottawa par la réunion hebdomadaire du cabinet fédéral.

Des représentants du gouvernement canadien, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, ont déclaré que l’ambassadrice par intérim du Canada, Kirsten Hillman, et le négociateur en chef en matière de libre-échange, Steve Verheul, avaient déjà participé plus tôt dans la journée aux discussions tripartites. Des responsables ont aussi déclaré que Mme Freeland avait parlé au téléphone avec M. Lighthizer mardi et mercredi.

Le Mexique est le seul pays à avoir ratifié l’accord signé le 30 novembre 2018 ; le gouvernement de Justin Trudeau attend un geste du Congrès américain avant de soumettre l’entente au Parlement. Plusieurs observateurs croyaient que la fête de l’Action de grâces aux États-Unis représentait la dernière occasion raisonnable pour les élus américains de poser ce geste — le Congrès est très occupé autrement avec la procédure de destitution du président Donald Trump, et le début de la campagne présidentielle de 2020 est imminent.

Les démocrates contrôlent la Chambre des représentants et négocient depuis plusieurs mois avec M. Lighthizer, l’homme de confiance du président Trump dans ce dossier, afin de renforcer plusieurs dispositions de l’accord — notamment l’amélioration des normes du travail au Mexique, pour éviter l’exode de bons emplois américains.

La démocrate Nancy Pelosi, présidente de la Chambre, qui contrôle donc le dépôt des projets de loi, a déclaré plus tôt cette semaine qu’elle et M. Lighthizer « étaient à portée d’un accord sensiblement amélioré pour les travailleurs américains ». Mais elle a ajouté qu’elle souhaitait que M. Lighthizer consigne le tout par écrit « pour un examen final ».

Le président Trump et son conseiller économique principal, Peter Navarro, ont été très sévères à l’endroit de Mme Pelosi et des démocrates, qui auraient selon eux freiné la progression de l’ACEUM en se concentrant sur le processus de destitution.