(Pékin) La croissance de la Chine pourrait tomber sous la barre des 6 % dès ce trimestre ou bien courant 2020, a admis mercredi un conseiller du régime communiste, reconnaissant que l’économie faisait face « aux plus grands défis » de son histoire.

Agence France-Presse

Alors que Pékin est confronté depuis un an et demi aux sanctions commerciales croissantes de l’Amérique de Donald Trump, la hausse du PIB chinois a ralenti au dernier trimestre pour atteindre 6 %, son plus bas niveau depuis 27 ans.

Lors du trimestre en cours, « on ne peut exclure la possibilité de passer sous les 6 % […] et même l’an prochain », a déclaré devant la presse l’économiste Yao Jingyuan, membre du Bureau des conseillers du gouvernement chinois.

« Cette année, l’économie chinoise a traversé les plus grandes difficultés et les plus grands défis de son histoire », a-t-il souligné, tout en assurant que Pékin était parvenu à stabiliser la situation de l’emploi, du secteur financier, du commerce et de l’investissement étranger, en dépit de la guerre commerciale.

En début d’année, le gouvernement chinois avait fixé pour 2019 un objectif de croissance compris entre 6 % et 6,5 %.

Pour l’an prochain, M. Yao, ancien économiste en chef du Bureau national des statistiques, recommande de fixer l’objectif à 6 %, niveau minimum selon lui pour assurer l’emploi et les bénéfices des entreprises.

Mais, afin de soutenir l’activité, il préconise de laisser filer le déficit budgétaire à 3 % du PIB, contre 2,8 % actuellement, même s’il reconnaît qu’il s’agit d’un « seuil d’alerte » pour les économistes.

En matière de politique monétaire, « je pense qu’il reste de la marge pour abaisser les taux d’intérêt et le ratio de réserve obligatoire » des banques, a-t-il dit.

Alors que négociateurs chinois et américains tentent de parvenir à un accord « préliminaire » pour régler leur différend commercial, M. Yao a estimé que Pékin disposait d’un « avantage politique » face à Washington : « nous sommes unis comme un seul homme face aux difficultés ».

Il a reconnu que par le passé « les autorités locales avaient l’habitude de trafiquer les chiffres de la croissance économique », mais estimé que le régime du président Xi Jinping y avait mis bon ordre. « Si on fausse les chiffres, on en paie le prix », a-t-il affirmé.