(New York) Les prix du pétrole ont reculé jeudi, réagissant à la baisse plus importante que prévu des stocks de brut américains et à une nouvelle hausse de la production à un niveau record.

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier a fini à 62,28 dollars à Londres, en recul de 0,1 % ou 9 cents par rapport à la clôture de mercredi.

À New York, le baril américain de WTI a abandonné 0,6 % ou 35 cents, à 56,77 dollars.

Lors de la semaine achevée le 8 novembre, les réserves commerciales de brut ont progressé de 2,2 millions de barils pour s’établir à 449,0 millions, là où les analystes interrogés par l’agence Bloomberg anticipaient une hausse de 1,5 million de barils.

Il s’agit de la huitième hausse en neuf semaines pour les stocks de brut américains.

La production de pétrole a atteint un nouveau record, les États-Unis extrayant en moyenne 12,8 mbj, soit 200 000 barils de plus que la semaine précédente.

« On a beaucoup entendu parler de l’idée de limiter les forages, de ne pas investir dans la production et de restituer l’argent aux actionnaires », a commenté Robert Yawger de Mizuho USA. « Les chiffres de cette semaine vont totalement à l’encontre de cette idée », a poursuivi l’expert.

Les stocks de brut WTI du terminal de Cushing, qui servent de référence à la cotation du pétrole new-yorkais, ont eux baissé, pour la première fois en six semaines, reculant de 1,2 million de barils, à 46,5 millions de barils.

Selon M. Yawger, ce recul est dû en grande partie à la fermeture de l’oléoduc Keystone, qui a été suspendu après une fuite de pétrole dans le Dakota du Nord fin octobre.

Cet incident a aussi affecté les importations, à leur plus bas depuis 1996, à 5,8 millions de barils par jour.

Avant le rapport de l’EIA, les cours de l’or noir étaient orientés à la hausse, soutenus par les propos mercredi du secrétaire général de l’OPEP, qui a laissé entendre qu’une révision à la baisse de l’offre était possible en 2020.

Le secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), Mohammed Barkindo, avait dit s’attendre à une possible « amélioration » de la demande en 2020, notamment si les États-Unis et la Chine parviennent à un accord commercial, et en cas de « net » ralentissement de l’offre des pays non-OPEP.

L’organisation doit tenir sa prochaine réunion dans trois semaines à Vienne avec ses partenaires, dont la Russie (OPEP+).