(Québec) Le gouvernement Legault utilise une bonne part de ses surplus imprévus de 2,2 milliards de dollars pour devancer la réalisation de trois promesses électorales, au bénéfice des familles en particulier.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Les allocations familiales seront revues à la hausse plus tôt que prévu, en vertu du mini-budget présenté par le ministre des Finances Eric Girard jeudi. Près de 679 000 familles recevront, en moyenne, 779 $ de plus par année. Pour chaque enfant, l’allocation s’élève maintenant entre 1000 $ et 2515 $, en fonction du revenu familial. La mesure entrera en vigueur en janvier.

Québec décrète dès maintenant le retour au tarif unique dans les services de garde subventionnés. Les parents paieront donc le tarif de 8,25 $ par jour et n’auront plus à débourser la contribution additionnelle instaurée sous le gouvernement Couillard et modulée selon le revenu familial. C’est une économie moyenne de 1100 $ pour 140 000 familles, estime le gouvernement.

La mesure est rétroactive au 1er janvier 2019, ce qui veut signifie que les parents n’auront pas à payer de contribution additionnelle lors de la production de leur prochaine déclaration de revenus.

Il n’y a aucun allègement financier pour les parents dont les enfants fréquentent les garderies non subventionnées. Le crédit d’impôt pour frais de garde demeure au même niveau.

Par ailleurs, le gouvernement annonce une réduction importante des tarifs de stationnement dans les hôpitaux, les CHSLD et les CLSC. Comme le prévoit son engagement électoral, les deux premières heures seront gratuites et le tarif sera plafonné entre 7 $ et 10 $ par jour selon les régions. La mesure entrera en vigueur au printemps et coûtera une centaine de millions par année.

Pour l’année en cours, ces mesures pour « remettre de l’argent dans le portefeuille des familles » lui coûtent 332 millions (plus de 700 millions par année pour le futur). À cela s’ajoutent des dépenses pour l’année en cours de 525 millions déjà annoncées mais qui n’étaient pas prévues dans le budget du printemps : 250 millions pour le pacte fiscal avec les municipalités, cinq millions pour les médias écrits et 270 millions pour l’industrie du taxi.

Ces débours totalisant 857 millions sont financés grâce à des surplus imprévus de 2,2 milliards pour l’année en cours. Québec prévoit ainsi conclure 2019-2020 avec un excédent de 1,4 milliard – après le versement de 2,7 milliards au Fonds des générations qui sert à réduire le poids de la dette. Il s’attendait plutôt à terminer l’année à l’équilibre budgétaire dans le budget du printemps.

Les nouvelles sont meilleures que ce à quoi s’attendait le gouvernement au chapitre de la croissance économique. « La progression du PIB réel devrait s’établir à 2,4 % en 2019 et à 1,8 % en 2020. Il s’agit de révisions à la hausse de 0,6 point de pourcentage pour 2019 et de 0,3 point de pourcentage pour 2020 par rapport à la prévision de mars 2019 », notre le ministère des Finances.

L’an dernier, en 2018-2019, selon les comptes publics déposés en Chambre, le surplus s’est avéré encore plus élevé que prévu : 4,8 milliards (au lieu de 4,4), toujours après le versement au Fonds des générations, de 3,5 milliards cette fois. La cagnotte a été versée dans la réserve de stabilisation qui s’élève maintenant à 12 milliards. Cette réserve vise à faire face à d’éventuelles turbulences économiques.

Grâce au Fonds des générations, l’objectif de réduction de la dette brute à 45 % du PIB sera atteint dès 2019-2020, six ans plus tôt que prévu.