La Caisse de dépôt veut se départir du Centre de commerce mondial de Montréal (CCMM), un immeuble de bureaux issu de l’assemblage de bâtiments historiques à l’orée du Vieux-Montréal, qui a ouvert la voie quelques années plus tard à la réalisation du Quartier international.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

L’agence CBRE et l’équipe d’Armand Des Rosiers de RBC ont obtenu le mandat, d’après nos informations obtenues auprès de professionnels de l’industrie. Chez Ivanhoé Cambridge, filiale immobilière de la Caisse, on n’a pas voulu confirmer quoi que ce soit.

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Investissement Québec, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Montréal International, LJT Avocats, le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, Dassault et la Société québécoise des infrastructures en sont les principaux locataires.

La Caisse de dépôt et placement du Québec en est propriétaire depuis sa conception en 1989. D’abord détentrice d’une participation minoritaire, l’institution québécoise en est devenue l’unique propriétaire en 1998.

Le 700 De La Gauchetière, immeuble construit 10 ans plus tôt, s’est vendu sur la base d’un prix de 322 $ le pied carré en 2019. À ce niveau de prix, le CCMM, qui totalise 568 063 pi2 de bureaux et de commerces, vaudrait entre 160 et 200 millions.

L’histoire du Centre est tout sauf un long fleuve tranquille. Son promoteur, Philip O’Brien, à l’époque chez Devencore, était détenteur de la franchise du World Trade Center. Il voulait un édifice à l’horizontale pour favoriser les échanges entre les locataires qui devaient provenir d’organismes et d’entreprises spécialisés dans le commerce mondial. Le centre d’affaires de la Caisse de dépôt, de l’autre côté de la rue, a d’ailleurs repris le concept d’immeuble à l’horizontale, 10 ans plus tard.

Œuvre des architectes Arcop, Provencher Roy et Becker Gersovitz Moss, le CCMM est un assemblage d’immeubles datant de 1840 à 1960. Onze des dix-sept façades d’origine ont été conservées. L’intérieur se démarque par son atrium sous une verrière, le long de la ruelle des Fortifications.

D’abord estimée à 169 millions, la construction du Centre, y compris l’hôtel Intercontinental, a finalement atteint 218 millions, écrivait le journal Les Affaires en 1992. L’établissement hôtelier a été revendu en 2007 pour 49 millions au suédois Pandox.

Livré au mauvais moment

La livraison du CCMM en 1992 a coïncidé avec le pire krach immobilier des 50 dernières années. Le bâtiment est resté vide à 70 % pendant la première année ayant suivi sa livraison. Pour éviter le désastre financier, la Caisse de dépôt y a fait déménager les employés de ses filiales immobilières. À l’été 1993, le taux d’occupation était remonté à 75 %. Plus de la moitié des locaux loués l’avaient toutefois été à des sociétés du secteur public au sens large.

D’abord imaginé comme un « hub » axé sur le commerce international, le Centre est rapidement devenu un immeuble de bureaux peuplé de fonctionnaires, un peu comme le Complexe Guy-Favreau et le Complexe Desjardins, tous deux situés dans les environs.