(Washington) Le président Donald Trump a de nouveau mis la pression sur la Banque centrale américaine (Fed) jeudi à quelques jours d’une réunion monétaire, affirmant qu’elle manquerait à ses devoirs si elle ne baissait pas les taux d’intérêt.

Agence France-Presse

« Regardez nos concurrents dans le monde, l’Allemagne et d’autres RÉMUNÈRENT les emprunts d’argent », dit le président dans un tweet alors que la Banque centrale prend une décision sur les taux mercredi. La Fed « manque à ses devoirs si elle ne baisse pas les taux et même, idéalement, si elle ne stimule pas » l’économie.

Donald Trump, qui a définitivement rompu avec la tradition de respect, de distance et d’indépendance vis-à-vis de l’institut monétaire, n’a cessé d’attaquer la Banque centrale à qui il reproche encore jeudi d’avoir « été trop rapide à augmenter les taux, puis trop lente à les baisser ».

L’hôte de la Maison-Blanche n’avait pas tweeté depuis deux semaines sur la Fed, un de ses boucs émissaires favoris alors que la croissance ralentit et qu’il entre en campagne pour sa réélection. Il l’a traitée par le passé de « pathétique » et d’« incompétente ».

La Banque centrale a réduit les taux par deux fois d’un quart de point (0,25 %) en juillet et septembre, justifiant cet abaissement du coût du crédit par le ralentissement économique mondial et par l’impact de la guerre commerciale entre Washington et Pékin.  

Ces taux au jour le jour se situent entre 1,75 % et 2 %.  

Mais ces baisses ne sont pas assez pour Donald Trump qui plaide pour des taux à zéro et fulmine contre l’écart entre les taux des concurrents européens et ceux des États-Unis.  

Ce différentiel, alors que les taux sont proches de zéro dans la zone euro, renforce le dollar ce qui handicape la compétitivité des marchandises américaines, en pleine guerre commerciale.

Une large majorité d’acteurs sur les marchés financiers s’attendent à ce que Jerome Powell, le président de la Fed et son Comité monétaire (FOMC) abaissent de nouveau les taux d’intérêt d’un quart de point de pourcentage.  

Mais certains économistes et plusieurs membres du FOMC, qui ont exprimé leur désaccord vis-à-vis des baisses, pensent qu’il est temps de faire une pause dans cette réduction du coût du crédit.