(Washington) Les ventes au détail aux États-Unis ont chuté en septembre, surprenant les analystes et interrompant six mois d’affilée de progression des dépenses des consommateurs américains, selon les chiffres du département du Commerce publiés mercredi.

Agence France-Presse

Dans un contexte de guerre commerciale avec la Chine, qui a renchéri certaines marchandises et perturbé les fournisseurs, l’indice des ventes des détaillants et restaurants a perdu 0,3 % en données corrigées des variations saisonnières. Les analystes s’attendaient à une hausse d’autant.

Pour août en revanche, le ministère a révisé l’indice en hausse qui s’est inscrit à +0,6 % au lieu de +0,4 % estimé précédemment.

En septembre, les ventes ont totalisé 525,6 milliards de dollars. Elles restent en hausse notable sur douze mois s’affichant en progression de 4,1 %.

Sans les ventes automobiles, qui ont fortement chuté de 0,9 %, la baisse de l’indice général est moindre à-0,1 %.

En septembre, de nombreux secteurs étaient dans le rouge dont les matériaux de construction (-1 %), les grands magasins (-0,3 %) et fait rare, les achats en ligne (-0,3 %). Ceux-ci affichent cependant la plus forte hausse de leur chiffre d’affaires sur un an à +12,9 %.

Ces mauvaises performances étaient compensées par de plus fortes ventes dans l’ameublement (+0,6 %) et surtout l’habillement (+1,3 %).

Pour Michael Pearce de Capital Economics, cette soudaine faiblesse des ventes au détail est un signe que la consommation, locomotive de la croissance américaine, s’essouffle.

« Ces chiffres confirment notre vue que la croissance économique ralentit et pourrait tomber à 1 % en rythme annuel au 4e trimestre, forçant la Fed à baisser à nouveau les taux d’intérêt d’un quart de point de pourcentage en décembre », affirme cet expert.

Le gouvernement doit publier le 30 octobre, le même jour qu’une réunion monétaire de la Banque centrale américaine, sa première évaluation de la croissance du Produit intérieur brut (PIB) pour le 3e trimestre. Au 2e trimestre, elle s’est établie à 2 % en rythme annuel.