Après la Banque centrale européenne la semaine dernière, qui a dû baisser ses taux pour endiguer le marasme de l’économie continentale, c’est au tour de la Réserve fédérale américaine (Fed) de faire le point sur sa politique de taux d’intérêt et sa lecture de la conjoncture économique.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Pour le moment, les attentes dans les marchés financiers convergent fortement vers une baisse d’un quart de point (0,25 %) du taux cible établi par la Fed, qui reviendrait alors à son niveau de 2 % d’il y a un an.

« Nous prévoyons que l’ajustement de la politique monétaire de la Fed à mi-cycle se poursuivra avec une nouvelle réduction de 25 points de base (0,25 %) en septembre. La vraie question est de savoir jusqu’où ira la banque centrale », résume Josh Nye, économiste principal à la Banque Royale/RBC, dans le mensuel financier pour les clients-investisseurs de la banque.

Pour notre part, en plus d’une réduction de taux le 18 septembre, nos prévisions supposent maintenant un autre mouvement d’ici la fin de l’année.

Josh Nye

Du côté des économistes du Mouvement Desjardins, ils rappellent dans leur billet hebdomadaire de conjoncture qu’à la fin de juillet, « les dirigeants de la Fed ont, pour la première fois depuis 2008, décidé de diminuer les taux d’intérêt directeurs. Et comme l’a indiqué son président Jerome Powell, cette baisse doit être perçue non pas comme le début d’une longue série de coupes, mais plutôt comme faisant partie d’un ajustement de mi-cycle ».

Depuis, notent les économistes de Desjardins, alors que « l’accélération de l’inflation de base pourrait faire hésiter certains décideurs de la Fed, la faiblesse d’autres indicateurs dans le secteur manufacturier et l’emploi dans le secteur privé leur donnent la latitude nécessaire pour poursuivre l’ajustement baissier des taux ».

Par conséquent, anticipent-ils, « cet ajustement devrait se poursuivre lors de la réunion du 18 septembre où une autre diminution de 25 points (0,25 %) est prévue. Les marchés financiers anticipent d’ailleurs pleinement ce mouvement baissier ».

Du côté de la Banque Nationale, les économistes indiquent dans leur billet hebdomadaire qu’ils anticipent que « la Réserve fédérale réduira ses taux directeurs cette semaine, reste à savoir dans quelles proportions ».

D’une part, notent-ils, « les incertitudes au chapitre des relations commerciales internationales restent un problème de taille et, à en juger par de récents indices, le secteur manufacturier est maintenant en contraction. Il s’agit à présent de surveiller que le ralentissement des usines ne s’étende pas à d’autres pans de l’économie ».

D’autre part, soulignent les économistes de la Nationale, « le marché du travail reste assez vigoureux pour maintenir le taux de chômage stable et soutenir les dépenses de consommation. L’inflation, de son côté, est en hausse vers son taux cible. Sur les marchés financiers, les nouvelles émissions d’obligations de sociétés foisonnent ces derniers temps et les indices boursiers avoisinent des niveaux records ».

Dans ce contexte, selon les économistes de la Nationale, « il serait difficile pour la Fed de justifier une baisse de 50 points de base (0,50 %), surtout que les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine devraient reprendre en octobre. Nous anticipons donc une réduction de 25 points de base (0,25 %) mercredi, suivie d’une autre de la même ampleur avant la fin de l’année ».

Demain et mercredi

La production industrielle et la construction résidentielle aux États-Unis 

Les marchés d’investissement porteront une attention particulière aux statistiques de production industrielle et de mises en chantier résidentielles aux États-Unis. De l’avis de la Banque Nationale, « la production industrielle pourrait n’avoir réussi à dégager qu’un faible gain (0,1 %) en août, car une petite expansion de la production manufacturière pourrait avoir été compensée par la faiblesse des services publics et de l’extraction minière ». Dans le secteur résidentiel, les économistes du Mouvement Desjardins anticipent pour leur part que « les résultats du mois d’août pourraient couper court à la série négative de trois reculs mensuels consécutifs ».

Demain

FedEx en rapport trimestriel

Le secteur des transports est réputé parmi les investisseurs comme l’un des baromètres de la conjoncture économique. Or, en ces temps tumultueux en Bourse et dans l’économie, le transporteur de colis FedEx attirera l’attention avec les résultats du premier trimestre de son exercice 2020, ainsi que la mise à jour de ses perspectives d’affaires à court terme. Les analystes anticipent des revenus trimestriels tout juste au-dessus des 17 milliards US. S’ils s’avèrent, ça représenterait la plus faible croissance annualisée chez FedEx depuis presque 10 ans !