(Washington) Les employeurs américains ont créé 130 000 emplois en août, signe que leur activité d’embauche a ralenti, mais qu’elle reste durable malgré la faiblesse économique et la guerre commerciale du président Donald Trump contre la Chine.

Christopher Rugaber
Associated Press

L’embauche temporaire de 25 000 fonctionnaires pour le recensement de 2020 a stimulé la création d’emplois. En excluant toutes les embauches effectuées par le gouvernement, les entreprises n’ont créé que 96 000 emplois, le nombre le moins élevé depuis mai.

Le département du Travail a indiqué vendredi, dans son rapport mensuel sur l’emploi, que le taux de chômage est resté à 3,7%, près de son plus bas niveau des cinq dernières décennies. Cependant, le taux de chômage est resté stable pour une raison positive: plusieurs Américains sont entrés dans la population active, ce qui a permis à la proportion d’adultes qui travaillent ou qui cherchent du travail d’atteindre son plus haut niveau depuis février.

En outre, le salaire horaire moyen a augmenté de 3,2% en août par rapport à l’année précédente, surpassant l’inflation et augmentant le pouvoir d’achat des Américains.

Les gains d’emploi des deux mois précédents ont été revus à la baisse de 20 000 au total. Cela a ramené la croissance moyenne de l’emploi à 150 000 par mois au cours des six derniers mois, contre 223 000 pour l’ensemble de l’année dernière. Embaucher à ce rythme est suffisant pour suivre la croissance démographique et réduire le taux de chômage au fil du temps.

La cadence de la création d’emplois est importante, car, à un moment où l’économie ralentit, des embauches supplémentaires régulières et des salaires plus élevés peuvent continuer d’alimenter les dépenses de consommation, qui sont le principal moteur de la croissance. Contrairement aux consommateurs, de nombreuses entreprises ont ralenti leurs dépenses et retardé leur expansion et leurs investissements en raison d’incertitude entourant la durée et l’impact de la guerre commerciale. De plus, les tarifs de rétorsion appliqués par la Chine ont réduit les exportations américaines.

Les dépenses de consommation tiennent le coup

Pour le moment, les Américains continuent de dépenser et de maintenir l’économie en mouvement. Les dépenses de consommation ont connu au deuxième trimestre leur plus forte croissance au cours des cinq dernières années. Elles ont également augmenté à une allure saine en juillet.

Le taux de chômage des Afro-Américains est tombé à 5,5%, un creux record. M. Trump a souligné à maintes reprises ce déclin, qui se poursuit depuis la fin de la Grande Récession en 2009. Cependant, le taux a baissé en août parce qu’un plus grand nombre d’Afro-Américains ont cessé de chercher du travail et ne sont ainsi plus considérés comme des chômeurs.

Les consommateurs sont généralement optimistes face à l’économie, malgré certains signes de prudence. Leur confiance, telle que mesurée par le Conference Board, est toujours forte. Mais un indice du moral établi par l’Université du Michigan a affiché en août sa plus forte baisse en près de sept ans. Dans cette enquête, les Américains ont exprimé leur inquiétude croissante quant à l’incidence des tarifs.

Les autorités américaines et chinoises prévoient de se rencontrer début octobre pour des négociations visant à résoudre leur différend.

L’impact de la guerre commerciale est évident dans les chiffres d’embauche de certaines industries en particulier. Les fabricants n’ont ajouté que 3000 emplois, un nouveau signe que l’embauche dans ce secteur a fortement diminué par rapport à l’année dernière. L’emploi dans les entreprises de transport et d’entreposage n’a pratiquement pas changé, dans un contexte où les volumes de biens manufacturés et de produits agricoles à transporter sont moins importants. Les détaillants ont supprimé 11 000 emplois, un septième déclin mensuel consécutif qui reflète en partie l’impact des achats en ligne.

À mesure que les tarifs ont un effet plus important, les entreprises de camionnage pourraient encaisser le coup, en raison du nombre réduit de produits fabriqués et agricoles à expédier. Et les détaillants pourraient aussi réduire leurs effectifs alors que les tarifs douaniers commencent à toucher les biens de consommation comme les vêtements, les jouets et les produits électroniques. Si les revers dans ces industries deviennent suffisamment importants, ils pourraient éventuellement faire augmenter le taux de chômage.