(Ottawa) Le Québec sortira gagnant de la construction d’un éventuel corridor énergétique puisqu’il aura la possibilité d’exporter davantage de son énergie propre, l’hydroélectricité, vers les autres provinces, soutient le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

M. Scheer sera de passage aujourd’hui à Montréal pour expliciter l’un des engagements importants de sa formation politique – la construction d’un corridor énergétique reliant l’ensemble du pays – devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Dans une lettre ouverte à l’intention des Québécois qu’il compte rendre publique également aujourd’hui, le chef conservateur affirme que ce projet profitera non seulement aux provinces de l’Ouest en permettant de transporter du pétrole et du gaz de l’Alberta ou de la Saskatchewan vers l’est du pays, mais aussi au Québec en lui ouvrant de nouveaux débouchés vers les autres provinces.

Je sais à quel point les Québécois sont fiers de leur hydroélectricité et ils ont raison de l’être. Nous devons maintenant pouvoir partager l’hydroélectricité avec tous les Canadiens et le corridor énergétique va permettre à la nation québécoise d’alimenter l’ensemble du pays en électricité.

Andrew Scheer, dans sa lettre ouverte

« C’est un projet ambitieux, j’en suis conscient. Mais des projets visionnaires pour notre nation comme celui-ci n’ont jamais empêché les Québécois et les Canadiens d’avancer. C’est à notre tour maintenant de rêver et de remettre notre pays en marche pour que nous puissions être plus forts, plus unis, et plus fiers que jamais », ajoute-t-il.

Éviter les guerres juridiques

M. Scheer a évoqué l’idée de construire un corridor énergétique au printemps dans le cadre des cinq discours qu’il a prononcés dans diverses villes du pays afin d’expliquer ce que ferait le Parti conservateur s’il était porté au pouvoir aux élections du 21 octobre.

L’objectif d’un tel corridor est d’éviter que les grands projets énergétiques s’enlisent dans des guerres juridiques interminables et ne voient jamais le jour malgré les retombées économiques importantes qu’ils pourraient entraîner.

« Ce corridor sera un tracé que les entreprises du secteur de l’énergie, que ce soit de l’hydroélectricité, du pétrole ou du gaz, pourront utiliser pour transporter nos ressources. Elles seront responsables de financer leurs projets. Le corridor énergétique sera réalisé en partenariat avec les provinces, les territoires, les communautés autochtones, les acteurs de la société civile et les intervenants du milieu. Comme toujours, on doit collaborer et non confronter », souligne M. Scheer dans sa lettre.

Selon lui, une telle initiative permettrait de faire avancer les projets plus rapidement et éviterait de coûteux délais aux entreprises qui les proposent.

« Il n’y aura plus de longues négociations, de propositions de tracés dangereux pour les écosystèmes et l’environnement, et de tergiversations chaque fois qu’un projet doit être réalisé. Il n’y aura plus de petite politique, seulement de la croissance économique et de bons emplois bien rémunérés pour tous les Québécois et les Canadiens d’un océan à l’autre. »