Après l’épisode de résultats trimestriels des entreprises, c’est au tour des banques canadiennes de monter sur la scène boursière avec leurs résultats du troisième trimestre, qui se termine en octobre.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

La Banque Royale/RBC, dont la valeur de 142 milliards de dollars trône sur le secteur bancaire en Bourse, et sa concurrente CIBC prendront les devants mercredi et jeudi, respectivement.

Elles seront suivies la semaine prochaine par la Banque de Montréal (BMO), la Scotia et la Banque TD, ainsi que les deux banques québécoises, la Nationale et la Laurentienne.

Parmi les analystes, on s’attend à une progression moyenne de 7 % du bénéfice net des banques durant le trimestre de mai à juillet inclusivement, par rapport au trimestre correspondant l’an dernier.

Toutefois, dans leurs commentaires prévisionnels, nombre d’analystes notent que la conjoncture économique et financière s’est beaucoup compliquée au cours des derniers mois, ce qui rehausse la difficulté des prévisions de résultats.

D’une part, les indicateurs économiques de base déterminants pour l’évolution des revenus et de l’actif des banques sont de plus en plus embrouillés par les menaces de guerre commerciale.

D’autre part, le revirement baissier des politiques de taux d’intérêt de la Fed américaine et de la Banque du Canada, s’il s’accentue, menace de nuire à l’évolution de la très importante « marge nette d’intérêt » des banques dans leur principal actif : leur portefeuille de prêts aux entreprises et aux particuliers.

Un regain de nervosité ?

Enfin, les analystes du secteur bancaire craignent que le regain de volatilité et de nervosité des marchés financiers ait nui au secteur d’activités – les marchés des capitaux –, qui est habituellement le plus influent sur l’évolution trimestrielle des résultats des banques.

« Je ne m’attends pas à ce que les résultats du troisième trimestre des banques canadiennes permettent de résoudre le conflit entre le pessimisme et l’optimisme qui prévaut dans la conjoncture macro-économique », résume Robert Sadran, analyste chez Marchés des capitaux CIBC, dans un récent avis à ses clients-investisseurs.

« Au contraire, je m’attends à ce que ce conflit entre pessimisme et optimisme soit pleinement exposé par le constat que la croissance des résultats des banques n’est plus aussi forte ni aussi facilement réalisée que celle des deux dernières années. »

États-Unis : les géants de la réno en rapport trimestriel

Les deux plus gros détaillants nord-américains en quincaillerie sont attendus en Bourse cette semaine avec leur rapport trimestriel. Home Depot et Lowe’s, entre autres, ont-ils pu faire progresser leurs résultats malgré la mollesse du marché de l’immobilier résidentiel aux États-Unis ? Chez Lowe’s, et sa filiale Rona au Canada, où en sont les mesures de redressement de la rentabilité parmi ses principaux actifs commerciaux ? Selon les analystes, on s’attend demain chez Home Depot à un bénéfice net trimestriel en recul de 3 %, à 3,5 milliards US, alors que les revenus sont prévus en faible hausse de 2 %, à environ 31 milliards US. Chez Lowe’s, qui fera son rapport mercredi, les analystes anticipent un bénéfice en hausse de 3 %, à 1,57 milliard US, en dépit de revenus stagnants autour de 20,9 milliards US.

Canada : les ventes au détail en juin

Est-ce que les ventes des détaillants au Canada en juin se sont relevées du léger (- 0,1 %), mais soudain croc-en-jambe subi en mai, après quatre mois d’affilée de bonne croissance ? On le saura vendredi lors de l’énoncé mensuel de Statistique Canada. Parmi les économistes du secteur bancaire, on s’attend à une relative stabilisation des ventes au détail en juin. Cette stabilisation découlerait de la vigueur du marché de l’emploi et de la progression des salaires, qui ont continué d’élever le niveau de confiance des consommateurs.