Alors que se tient à Montréal le sommet Canada-Union européenne (UE), des ministres libéraux reprochent au NPD et au Parti vert d’avoir exhorté les législateurs de l’Assemblée nationale française à voter contre l’accord Canada-UE.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« Nous sommes déçus que vous ayez pris des mesures pour faire pression sur les parlementaires d’autres pays afin qu’ils votent contre la ratification de cet accord historique », ont déploré les ministres Jim Carr et François-Philippe Champagne.

« Il est décevant que vous n’appuyiez pas cet accord, alors qu’il s’agit d’une victoire évidente pour les travailleurs canadiens », peut-on lire dans cette lettre datée du 17 juillet qu’a pu consulter La Presse.

Cette missive était adressée au chef néo-démocrate Jagmeet Singh, mais une copie a aussi été envoyée aux signataires d’une lettre ouverte destinée aux élus de l’Assemblée nationale française, dont Alexandre Boulerice, du NPD, et Elizabeth May, du Parti vert.

« Les débats à la Chambre des communes ont été limités, ils ont duré seulement trois jours […] C’est la raison pour laquelle nous vous encourageons, comme parlementaires français, de faire mieux et de ne pas ratifier cet accord », écrivaient ceux-ci.

Car l’entente « accorde des droits ahurissants aux entreprises […] sans offrir quelque chose de comparable aux citoyens, aux communautés, et à l’environnement », disent les signataires, dont fait partie la députée Catherine Dorion, de Québec solidaire.

L’Accord économique et commercial global (AECG), ratifié par le Canada et l’UE, est en vigueur de façon provisoire depuis septembre 2017. Plus de 98 % des tarifs douaniers ont été levés, mais 38 Parlements nationaux et régionaux européens doivent l’entériner.

Environ le tiers l’a fait jusqu’à présent. Au Canada, l’accord a ouvert une brèche dans le système de gestion de l’offre, ce qui préoccupe les producteurs agricoles. En France, des agriculteurs s’inquiètent des conséquences que l’entente pourrait avoir.

Le débat sur la ratification de l’AECG s’est amorcé cette semaine en France. On s’attend à ce que le vote se tienne la semaine prochaine, et qu’on approuve le traité, le parti du président Emmanuel Macron, favorable à l’entente, détenant une majorité.

De retour ici : le premier ministre Justin Trudeau est l’hôte d’un sommet Canada-UE, à Montréal. Plusieurs enjeux sont à l’ordre du jour, dont l’AECG. Un point de presse doit avoir lieu jeudi à Montréal.