Qu’est-ce qui distingue le homard de la Gaspésie de celui des Îles-de-la-Madeleine ? Le crustacé pêché près des côtes gaspésiennes est muni d’un médaillon de traçabilité. Cette initiative, mise en place il y a quelques années, répond vraisemblablement à une demande puisque 64,2 % des amateurs de poisson et de fruits de mer veulent connaître la provenance des produits qu’ils achètent.

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

C’est du moins ce que révèle un sondage mené en mars dernier auprès de 900 répondants pour le compte d’Odessa, une entreprise qui possède sept poissonneries à Montréal et dans les environs.

« Les gens veulent avoir un outil de traçabilité. » — Émilie Robillard, coordonnatrice marketing pour les poissonneries Odessa

Selon l’enquête 85,2 % des consommateurs souhaitent que l’information sur la provenance soit affichée directement sur l’emballage.

Autant du côté des poissonniers que de celui de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP), on dit souhaiter que la mesure gaspésienne s’applique à tous les homards.

Ainsi, pour la fin de semaine de la fête des Mères, les consommateurs qui se procureront du homard de la Gaspésie – région où la pêche a commencé à la fin avril – pourront connaître non seulement l’endroit où leur repas a été pêché, mais également le nom du pêcheur qui l’a sorti des cages.

En saisissant, sur le site monhomard.ca, le code inscrit sur le médaillon, le client peut voir une courte vidéo du pêcheur qui a fait la capture.

> Consultez le site internet monhomard.ca

« On cherche à se distinguer, souligne Jean Côté, directeur scientifique du Regroupement des pêcheurs du sud de la Gaspésie. À la fête des Mères, il y a une grosse offre. »

C’est que pendant cette fin de semaine, la pêche est ouverte dans la plupart des régions. Le choix est plus grand. Rappelons que la Gaspésie compte 160 pêcheurs, contre 325 aux Îles-de-la-Madeleine.

Le homard des Îles

Du côté des Îles-de-la-Madeleine, pareil projet a déjà vu le jour, mais les pêcheurs de homards ont cessé de poser le fameux médaillon. « C’est très regrettable », confie Claude Cyr, pêcheur aux Îles. 

« J’étais un fier défenseur de la traçabilité. Les gens qui mangent du homard, ils demandent ça. Ça crée un certain lien avec le début de la chaîne. » — Claude Cyr, pêcheur

Selon M. Cyr, les coûts liés à l’achat des médaillons auraient dissuadé ses confrères de poursuivre l’aventure.

Du côté de la Gaspésie, le projet de traçabilité coûte 210 000 $ annuellement. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation appuie l’initiative avec une subvention de 100 000 $ et le Regroupement des pêcheurs du sud de la Gaspésie assume la différence.