Comme pressenti, les résultats du premier trimestre des entreprises américaines cotées en Bourse s’avèrent plutôt mitigés jusqu’à maintenant.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Au point d’entretenir les préoccupations des investisseurs envers le risque d’une prochaine « récession des bénéfices d’entreprises ».

Mais qu’en est-il de l’économie américaine dans son ensemble, durant ces trois premiers mois de 2019 ?

D’autant que plusieurs indicateurs sectoriels d’importance ont été plutôt décevants depuis quelques semaines : création d’emplois, ventes au détail, production et livraisons industrielles, mises en chantier résidentielles.

C’est dans ce contexte que seront annoncées vendredi les données du PIB de l’économie américaine durant le premier trimestre de 2019.

Le consensus des prévisions d’économistes s’établit autour de 1,5 % de croissance pour le PIB réel, c’est-à-dire mesuré en dollars constants de 2009 afin de compenser l’effet de l’inflation.

S’il s’avère, une telle croissance serait la plus faible mesurée aux États-Unis en presque quatre ans, soit depuis les troisième et quatrième trimestres de 2015.

Aussi, un taux de croissance aux environs de 1,5 % au premier trimestre de 2019 serait réduit de moitié par rapport à celui mesuré un an plus tôt, en début d’année 2018.

En Bourse, les investisseurs pourraient-ils s’inquiéter davantage d’un tel ralentissement de croissance du PIB aux États-Unis ? Jusqu’au point d’interrompre sinon d’inverser le rebond impressionnant des cours survenu durant le premier trimestre ? Pour le moment, ce n’est pas le scénario envisagé à court terme parmi les analystes.

Dans la mise à jour de son Beige Book de conjoncture économique, mercredi dernier, la Réserve fédérale américaine (Fed) a déjà avisé les marchés financiers que l’activité économique aux États-Unis était en « passage de croissance légère ou modeste » en fin de premier trimestre, alors que le marché du travail demeurait serré dans une majorité de régions.

Par ailleurs, résument les économistes de Desjardins, « la plupart des indicateurs économiques aux États-Unis affichent une certaine stabilisation après les récentes difficultés ».

À leur avis, « la progression du PIB réel au premier trimestre devrait même être un peu plus forte que prévu précédemment. On s’attend toujours à un rebond du PIB réel au printemps ».

L’économie américaine au ralenti

Trimestre (croissance trimestrielle du PIB réel)

1er 2018 : + 2,2 %

2e 2018 : + 4,2 %

3e 2018 : + 3,4 %

4e 2018 : + 2,2 %

1er 2019 (prév.) : + 1,5 %

2e 2019 (prév.) : + 2,6 %

3e 2019 (prév.) : + 2,3 %

4e 2019 (prév.) : + 2,0 %

Sources : billets d’économistes du secteur bancaire, Thomson Reuters

À suivre cette semaine

MARDI

Les transporteurs en rapport trimestriel

En Bourse canadienne, l’épisode des résultats d’entreprises au premier trimestre s’amorce cette semaine avec deux gros transporteurs terrestres de marchandises : le Canadien Pacifique (CP) dans le ferroviaire et TFI International dans le camionnage. Ces résultats du CP et de TFI sont d’un intérêt particulier en cette période de flottements dans l’économie nord-américaine, d’autant que le secteur des transports fait partie des baromètres de la conjoncture.

MERCREDI

La Banque du Canada fait le point

La Banque du Canada fait le point sur sa lecture de la conjoncture, déjà présumée très amollie, ainsi que la suite de sa politique de taux d’intérêt dans un tel contexte un peu nébuleux. Les économistes s’attendent à une révision à la baisse de ses prévisions de croissance économique en 2019 ; probablement à 1,5 % par rapport au 1,7 % qui était prévu en début d’année. Cependant, ils doutent que ça suffise à modifier la pause des taux d’intérêt.