Après avoir empiété sur 30 hectares de terres agricoles à Brossard pour installer le terminus du futur Réseau express métropolitain (REM), la filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec, CDPQ Infra, a confirmé mercredi matin la création d'une fiducie afin de favoriser l'implantation d'entreprises agricoles en bordure de la station.

KATHLEEN LÉVESQUE LA PRESSE

En conférence de presse, la mise en place d'une fiducie d'utilité sociale agricole a été présentée comme une solution pour protéger « un patrimoine à perpétuité ». Il a toutefois été impossible de savoir si un éventuel prolongement du REM jusqu'à Chambly qui est présentement à l'étude, ne risquait pas de toucher encore la zone verte du territoire de la Montérégie.

« Il faudra voir de façon précise, une fois que les études auront été complétées, quel sera le tracé, quel seront les mesures prises toujours dans le même esprit que nous vous présentons aujourd'hui avec nos partenaires : le souci de protection de l'environnement, le souci également de freiner l'étalement urbain », a indiqué le président et chef de la direction de CDPQ Infra, Macky Tall.

Le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, a affirmé que le partenariat avec CDPQ Infra pour la fiducie agricole n'empêcherait pas son organisation d'être critique, le cas échéant. « On aura la même préoccupation si jamais ce prolongement se réalise, qu'on a eu lors de la première phase du REM. Si ça empiète sur les terres agricoles, s'il n'y a rien pour empêcher l'étalement urbain, on va s'opposer au projet. C'est sûr », a-t-il.

Selon M. Tall, la concrétisation de la fiducie, qui avait fait l'objet d'une entente en mars 2017 annoncée publiquement, illustre « le travail de concertation et de dialogue » de CDPQ Infra avec ses partenaires, l'UPA et la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Ainsi, l'UPA, qui était d'abord réfractaire à la construction d'une station du REM en zone verte, applaudit à l'opportunité pour la relève agricole.

« C'est le début de quelque chose. Vous nous connaissez : quand on mord sur quelque chose, on ne le lâche pas. On voit un grand potentiel dans cette fiducie-là », a affirmé Marcel Groleau.

CDPQ Infra investit 2,9 millions de dollars dans la fiducie, ce qui doit permettre l'achat de terres agricoles qui seront louées à très long terme à des agriculteurs. M. Groleau reconnaît toutefois que dans ce secteur, les terres coûtent très cher. M. Groleau aimerait bien qu'Hydro-Québec, qui détient des terres dans le secteur visé, puisse les confier à la fiducie.