(Ottawa) La Société canadienne d’hypothèques et de logement a ramené à un niveau « modéré » l’indice de vulnérabilité du marché du logement de Vancouver. Son niveau de vulnérabilité était « élevé » depuis 12 trimestres, mais les signes d’accélération des prix y sont maintenant jugés « faibles ».

Armina Ligaya
La Presse canadienne

« Même si, ces dernières années, la hausse des prix des logements a largement dépassé celle dictée par les facteurs fondamentaux, les déséquilibres en découlant ont diminué en raison d’une croissance des facteurs fondamentaux et d’une baisse du prix des logements dans différents segments du marché de la revente », a expliqué la SCHL dans son plus récent rapport d’évaluation du marché du logement.

Selon la SCHL, le niveau de vulnérabilité du marché immobilier national reste modéré, mais les déséquilibres entre les prix des habitations et les facteurs fondamentaux du marché se sont réduits au cours de la dernière année. Certains marchés restent cependant plus exposés, comme ceux de Toronto et de Victoria.

Au niveau national, le prix moyen corrigé de l’inflation a diminué de 5,6 % au premier trimestre, par rapport à la même période de l’année dernière, ce qui représente une cinquième baisse annuelle consécutive, a précisé la SCHL.

Dans son rapport trimestriel précédent, la SCHL avait abaissé sa cote pour l’ensemble du marché de l’habitation au Canada. Après avoir passé 10 trimestres consécutifs à un niveau de vulnérabilité élevée, le marché s’est retrouvé avec une vulnérabilité « modérée ». Les simulations de crises imposées aux acheteurs de logements depuis l’an dernier ont compliqué leur admissibilité aux prêts hypothécaires, ce qui a atténué l’accélération des prix.

Selon les dernières prévisions du marché publiées par l’Association canadienne de l’immeuble (ACI) en juin, le prix moyen national devrait diminuer de 0,6 % d’ici la fin de l’année pour atteindre environ 485 000 $. En comparaison, il avait reculé de 4,1 % en 2018.

Cependant, la tendance est partagée entre l’est et l’ouest du pays. Par exemple, alors que les prix moyens devraient diminuer en Colombie-Britannique, en Alberta et en Saskatchewan, des prix plus élevés sont attendus en Ontario, au Québec et dans les Maritimes.

La baisse des prix du logement est particulièrement bienvenue à Vancouver, qui a été citée en janvier comme le deuxième marché du logement le moins abordable au monde, sur les 91 marchés étudiés par la société de planification urbaine Demographia. Vancouver s’est classée à la deuxième position derrière Hong Kong, mais était moins abordable que des marchés comme ceux de San Francisco et de Londres.

Les dernières statistiques de la chambre immobilière du Grand Vancouver ont montré que le prix de référence d’une maison dans la région métropolitaine de Vancouver avait chuté à 998 700 $ en juin. C’était la première fois qu’il tombait sous la barre du million de dollars depuis mai 2017.

En mai, la Banque du Canada a également souligné que les prix de l’immobilier sur les marchés de Vancouver et de Toronto avaient diminué, mais que les déséquilibres des marchés immobiliers continuaient d’être une vulnérabilité importante du système financier dans son ensemble.

Signes de surchauffe à Montréal

La SCHL fonde son évaluation de la vulnérabilité sur plusieurs critères, dont l’accélération de la croissance des prix, la surévaluation, la construction excessive et la surchauffe. Elle examine le degré de vulnérabilité et vise à identifier les déséquilibres sur le marché du logement.

Toronto, Hamilton et Victoria continuent d’afficher un degré de vulnérabilité « élevé », mais la surchauffe, l’accélération des prix et la surévaluation montrent des signes de ralentissement dans les trois marchés.

Edmonton, Calgary, Saskatoon, Regina et Winnipeg ont une vulnérabilité modérée, mais des signes de construction excessive y sont toujours observés.

Les marchés d’Ottawa, Québec, Halifax, St. John’s, Montréal et Moncton ont tous un degré de vulnérabilité générale « faible ». Malgré tout, des signes de surchauffe persistent à Montréal et à Moncton, tandis qu’une certaine construction excessive reste présente à St. John’s.

Pour le deuxième trimestre consécutif, des signes modérés de surévaluation continuent d’être le seul signe de vulnérabilité du Canada dans son ensemble, a observé l’économiste en chef de la SCHL, Bob Dugan.

« Les déséquilibres entre les prix des logements et les facteurs fondamentaux du marché de l’habitation se sont amoindris en raison de la baisse des prix sur le marché de la revente et du bassin grandissant d’éventuels acheteurs d’un premier logement, a-t-il affirmé dans un communiqué. Cette dynamique contribue à l’élimination de l’écart de surévaluation. »