(Washington) L’économie américaine a enregistré une solide croissance de 3,1 % au cours des trois premiers mois de l’année, mais une grande partie de ce gain reposait sur des facteurs temporaires qui devraient s’atténuer, ce qui ralentirait beaucoup la croissance au cours du trimestre actuel.

Martin Crutsinger
Associated Press

Le département du Commerce a annoncé jeudi que la progression du produit intérieur brut au premier trimestre, soit la production totale de biens et de services de l’économie, avait fortement progressé, après avoir grimpé de 2,2 % au quatrième trimestre, malgré une paralysie partielle du gouvernement et la faiblesse des économies étrangères.

La nouvelle estimation du PIB était légèrement inférieure à la lecture initiale de 3,2 %. Pour le trimestre d’avril à juin, les économistes prédisent que la croissance du PIB va ralentir à moins de 2,0 % et que, pour l’année, l’économie ne devrait croître que de 2,3 %.

Cette prévision est bien en deçà des attentes de l’administration Trump, qui prévoit des gains annuels moyens de 3,0 % pour le PIB au cours de la prochaine décennie. Des progressions de ce genre sont bien supérieures à la croissance moyenne de 2,2 % du PIB enregistrée pendant la présente reprise, qui se poursuit depuis 10 ans et qui pourrait devenir en juillet la plus longue de l’histoire des États-Unis.

L’année dernière, l’économie a enregistré une croissance de 2,9 %, la meilleure depuis un gain similaire en 2015, mais les analystes estiment qu’une grande partie de cette augmentation découlait de la relance fournie par la réforme fiscale adoptée en 2017, qui a entraîné des réductions d’impôts de 1500 milliards US. Les observateurs jugent que ce soutien va s’effacer cette année.

Certains économistes craignent que l’économie ne ralentisse encore plus si les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine ne sont pas résolues. La décision prise le 5 mai par les États-Unis de faire passer les tarifs de 10 % à 25 % sur 250 milliards US de biens chinois, après la rupture de pourparlers, a provoqué une onde de choc sur les marchés financiers. Les investisseurs craignent qu’une escalade dans le conflit commercial nuise aux États-Unis et aux économies mondiales.

Mark Zandi, économiste en chef chez Moody’s Analytics, a dit croire que la croissance du PIB ralentirait à 2,3 % cette année, mais cette prévision s’appuie sur une trêve dans les prochaines semaines dans les échanges commerciaux entre les deux plus grandes économies du monde.

« Si la guerre commerciale s’intensifie et que le président met à exécution sa menace d’augmenter les tarifs sur toutes les importations chinoises, la croissance du PIB tombera sous la barre des 2,0 % cette année et le chômage commencera à augmenter », a affirmé M. Zandi. « Les risques d’une récession vont devenir très élevés. »

Les prévisions de croissance beaucoup plus lente au deuxième trimestre s’expliquent par le fait que deux facteurs qui ont stimulé la croissance du premier trimestre, à savoir une forte augmentation des stocks des entreprises et une forte contraction du déficit commercial, ne devraient pas durer.

Même avec la légère révision à la baisse annoncée jeudi, la hausse de 3,1 % restait la plus forte pour un premier trimestre depuis celle de 3,3 % enregistrée en 2015.